Politique
Face à des pêcheurs remontés, la ministre reprend le dialogue sur le port
Après une semaine de blocages, les pêcheurs méditerranéens n’ont pas désarmé face à des règles européennes qu’ils jugent inadaptées et à un gazole qui…


Après une semaine de blocages, les pêcheurs méditerranéens n’ont pas désarmé face à des règles européennes qu’ils jugent inadaptées et à un gazole qui rend leur métier intenable. La ministre déléguée à la Mer et à la Pêche est venue les écouter sur le terrain, dans l’Hérault et le Gard.
La ministre déléguée à la Mer et à la Pêche a repris le chemin du terrain. Elle s’est rendue dans l’Hérault puis dans le Gard pour renouer le fil avec les pêcheurs de Méditerranée, au lendemain d’une mobilisation qui a secoué tout le littoral. À Sète, l’accueil s’est fait dans une petite salle de la criée, où l’élue a retrouvé une partie de la délégation déjà reçue quelques jours plus tôt à Paris. Une soixantaine de professionnels ont pris part à la discussion, qui a permis d’entrer dans le détail et d’aborder des sujets laissés de côté jusque-là.
Au cœur des échanges figure le plan West Med, censé encadrer une pêche durable en régulant le chalutage. Les marins le trouvent trop contraignant, avec seulement cent sorties en mer autorisées chaque année. Ils pointent aussi des filets aux mailles si larges qu’une bonne partie de leurs prises s’échappe avant d’être remontée. L’ambition affichée est de parvenir à une révision de ce texte acceptable pour toutes les parties, grâce à un travail de fond mené avec les scientifiques, les professionnels et les services de l’Etat. Les pêcheurs réclament en parallèle de nouvelles autorisations pour le thon rouge.
La pression reste vive sur le littoral. Dans le port du Grau-du-Roi, de nombreux bateaux étaient recouverts de banderoles, dont certaines interpellaient directement Bruxelles ou décrivaient des pêcheurs à l’agonie. À Cannes, une quinzaine de petits navires ont bloqué le vieux port, au pied du palais des festivals, une opération pensée comme un geste pacifique destiné à marquer les esprits.
Le déclencheur de cette colère tient à un poste de dépense devenu insoutenable, le gazole. Son prix a tellement grimpé que l’activité n’est plus rentable pour beaucoup de bateaux. S’y ajoutent des aides sur le carburant versées trop tardivement, des quotas jugés trop stricts pour le thon rouge et une paperasse administrative qui pèse lourd au quotidien. Le mouvement avait déjà conduit à bloquer des dépôts pétroliers et des ports, de Nice à Port-la-Nouvelle en passant par Fos-sur-Mer, avant qu’une réunion de plus de six heures à Paris ne vienne apaiser les esprits.
Le soutien vient aussi des édiles. Des maires de ports méditerranéens, de Sète à Nice jusqu’en Corse, ont signé une tribune commune pour défendre les pêcheurs et appeler les institutions européennes à ne plus rester sourdes à leur détresse. Pour eux, la protection de la Méditerranée ne peut se concevoir sans celles et ceux qui y travaillent, et doit se bâtir avec eux.
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