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Marie Paule Belle, la chanteuse qui a fait swinguer « La Parisienne », nous a quittés

Elle avait croqué Paris avec une ironie tendre. Marie Paule Belle est morte à 80 ans, emportée par une longue maladie.

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Marie Paule Belle, la chanteuse qui a fait swinguer "La Parisienne", nous a quittés

Elle avait croqué Paris avec une ironie tendre. Marie Paule Belle est morte à 80 ans, emportée par une longue maladie.

Figure discrète mais inoubliable de la chanson française, Marie Paule Belle s’est éteinte samedi à Neuilly-sur-Seine. Elle avait 80 ans. Sa voix gouailleuse et son piano ne feront plus de blagues. Née en 1946 dans l’Oise, elle avait grandi à Nice, bercée par les mots et la musique. Elle disait d’elle-même qu’elle était « née dans un piano ». Sa carrière a décollé en 1973, lors d’un passage télé chez Philippe Bouvard, où elle a chanté « Wolfgang et moi » et « Nosferatu ». Deux titres déjà étranges et pleins d’esprit.

Son plus grand succès reste « La Parisienne », sorti en 1976. Sur une mélodie qu’elle a composée, clin d’œil aux airs d’Offenbach, elle raconte l’histoire d’une provinciale débarquant à Paris. Le refrain entêtant disait « Je ne suis pas parisienne, ça me gêne, ça me gêne ». Derrière la fantaisie, la chanson brossait le portrait d’une femme libre, découvrant les mœurs du Paris des années 70. Le titre a été certifié disque d’or. Il lui a ouvert les portes de l’Olympia et lancé une carrière pleine de surprises.

Marie Paule Belle n’était pas une militante déclarée, mais elle faisait réfléchir avec ses textes. Elle a chanté l’euthanasie, l’homosexualité. Notamment dans « Celles qui aiment elles », un titre qui résonnait avec sa propre vie. Pendant dix ans, elle a partagé la vie de la romancière Françoise Mallet-Joris, membre de l’académie Goncourt. C’est en partie grâce à elle que les paroles de « La Parisienne » ont vu le jour. La chanteuse a raconté cet amour dans un livre paru en 2020, « Comme si tu étais toujours là ». Jusqu’au bout, elle a gardé son humour. Même face au cancer, elle avait écrit en 2024 un poème intitulé « KO! ». Marie Paule Belle laisse derrière elle une œuvre impertinente et tendre, où chaque mot était pesé pour mieux faire sourire.

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