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Hayabusa2 signe un exploit historique au ras d’un astéroïde

Le 5 juillet, la sonde japonaise a frôlé l’astéroïde Torifune à une distance jamais atteinte lors d’un survol. L’occasion de montrer que l’humanité peut…

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Hayabusa2 signe un exploit historique au ras d'un astéroïde

Le 5 juillet, la sonde japonaise a frôlé l’astéroïde Torifune à une distance jamais atteinte lors d’un survol. L’occasion de montrer que l’humanité peut veiller sur sa trajectoire avant qu’un rocher céleste ne devienne une menace.

Début juillet, une sonde de la taille d’un réfrigérateur a filé à plus de 18 000 kilomètres par heure dans le vide spatial. Son objectif n’était pas de s’écraser. Bien au contraire. Hayabusa2, l’engin de l’agence spatiale japonaise, venait de réussir l’approche la plus serrée jamais réalisée au contact d’un astéroïde géocroiseur.

Le 5 juillet, elle est passée à 400 mètres de la surface de Torifune. Pour être précis, à 744 mètres de son centre. Les calculs prévoyaient environ 800 mètres depuis ce point de référence. La réalité a fait mieux. Comparée à toutes les sondes de survol dans le monde, celle-ci est passée le plus près, a commenté Yuya Mimasu, scientifique de la JAXA. Le record précédent appartenait à une sonde chinoise, qui avait frôlé un autre astéroïde à 770 mètres de sa surface.

Au passage, la sonde a livré des images rares. En noir et blanc, elles montrent un astéroïde qui ressemble à un bonhomme de neige. Deux lobes arrondis, soudés l’un à l’autre. On connaissait Torifune comme un rocher allongé. On découvre aujourd’hui ses véritables contours.

L’exploit n’a rien d’un jeu vidéo. Il s’inscrit dans une stratégie de défense planétaire. En 2022, un engin avait percuté volontairement l’astéroïde Dimorphos et modifié son orbite. La méthode fonctionne. Désormais, la JAXA et l’Agence spatiale européenne préparent une mission vers Apophis, un astéroïde qui passera près de la Terre en avril 2029. Comprendre ces rochers, apprendre à les frôler ou à les pousser, c’est se donner les moyens d’écarter une menace éventuelle.

Hayabusa2, elle, connaît déjà la route. Lancée en 2014, elle s’était posée sur l’astéroïde Ryugu, à 300 millions de kilomètres de notre planète, pour y prélever des matériaux. Six ans plus tard, elle a rapporté des échantillons de ce rocher, dont le nom signifie palais du dragon en japonais. Ces poussières racontent la naissance du système solaire, il y a environ 4,6 milliards d’années. Prochaine étape, en 2031, un rendez-vous avec l’astéroïde 1998KY26. Cette fois, il s’agira de voler à ses côtés et d’accumuler des données détaillées. La petite sonde en forme de frigo n’a pas fini de nous étonner.

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