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Le libraire qui a tenu tête à Pékin jusqu’à son dernier souffle

Il vendait des livres que Pékin ne voulait pas voir circuler et il a payé pour ça. Taïwan vient de saluer sa résistance lors d’une cérémonie à Taïpei.

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Le libraire qui a tenu tête à Pékin jusqu’à son dernier souffle

Il vendait des livres que Pékin ne voulait pas voir circuler et il a payé pour ça. Taïwan vient de saluer sa résistance lors d’une cérémonie à Taïpei.

Lam Wing-kee est mort le 2 juillet à Taïpei, à 70 ans, rongé par un cancer. Lors d’une cérémonie dans une église presbytérienne de la capitale taïwanaise, les autorités lui ont rendu un dernier hommage. Une centaine de personnes étaient réunies, dont plusieurs hauts responsables du régime. Le Premier ministre Cho Jung-tai a remis une décoration à titre posthume au libraire de Hong Kong. Il a décrit sa vie comme une histoire de lutte, de résistance et de défiance contre le Parti communiste chinois. Puis il a ajouté qu’une dictature peut bien fermer les portes d’une librairie, mais jamais enfermer une âme éprise de liberté.

Le parcours de Lam Wing-kee ressemble à un thriller politique. Fin 2015, il fait partie des cinq libraires de Hong Kong qui disparaissent brutalement. Ils avaient vendu des ouvrages critiques envers Pékin. On les retrouve en Chine, emprisonnés, forcés à des aveux filmés. La communauté internationale s’indigne. En 2016, Lam est autorisé à rentrer chez lui. Au lieu de se taire, il organise une conférence de presse pour dénoncer son enlèvement et sa détention.

En 2019, nouveau tournant. Hong Kong annonce un projet de loi permettant les extraditions vers la Chine. C’est l’étincelle qui met le feu à des mois de manifestations géantes. Lam Wing-kee, lui, choisit l’exil. Il s’installe à Taïwan et rouvre sa librairie Causeway Bay Books en 2020. Il profite de chaque occasion pour appeler les Taïwanais à défendre leur système démocratique.

Son combat a marqué les esprits. Bien qu’il soit voûté, il était toujours droit pour défendre la liberté, a déclaré Tseng Chien-yuan, membre de la société civile taïwanaise. Une phrase qui résonne d’autant plus que les relations entre Taïwan et Pékin restent glaciales. La Chine n’a jamais cessé de revendiquer l’île et menace régulièrement de l’annexer. Ce libraire mort en exil est devenu un symbole de cette résistance.

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