Monde
Milei veut couper les vivres à l’État et sanctuariser la monnaie
Le président argentin veut graver dans le marbre l’interdiction de financer l’État par la monnaie. Il menace aussi de paralyser l’administration si les…


Le président argentin veut graver dans le marbre l’interdiction de financer l’État par la monnaie. Il menace aussi de paralyser l’administration si les comptes publics déraillent.
Javier Milei s’est exprimé à la télévision pour dévoiler la suite de son programme économique. Après avoir taillé dans les dépenses publiques, il s’attaque à la Banque centrale et au budget de l’État. Il prépare plusieurs textes pour le Parlement. Son idée fixe est simple. Empêcher l’Argentine de retomber dans l’inflation.
Sur la Banque centrale, le projet est radical. La réforme de sa charte organique doit enterrer définitivement ce que Milei appelle l’escroquerie de l’émission monétaire. Pour lui, l’inflation est avant tout un phénomène monétaire. La banque n’aura donc plus le droit de financer l’État, que ce soit le Trésor, les provinces ou l’achat de titres publics. Sa mission principale redeviendra de préserver la valeur de la monnaie. Le président de l’institution et son conseil seront aussi mieux protégés contre les pressions politiques, puisque leur révocation exigera une majorité des deux tiers dans chaque chambre du Parlement.
L’autre volet concerne le budget. Milei veut inscrire dans la loi une règle permanente qui interdira de voter ou de maintenir un budget déficitaire. Si le déficit s’installe plusieurs mois de suite, le Parlement aura quelques semaines pour rétablir l’équilibre. Passé ce délai, un mécanisme automatique se déclenchera. Ce shutdown, inspiré du modèle américain, entraînerait une paralysie partielle de l’administration. Les activités non essentielles de l’État seront stoppées, les nouvelles dépenses gelées, les recrutements suspendus et les transferts vers les provinces interrompus.
Reste à savoir quand ces textes arriveront au Parlement. Milei n’a donné aucun calendrier. Son camp libertarien est la première force à la Chambre des députés, mais sans majorité absolue, il doit composer au cas par cas. Or cette annonce intervient quelques jours après le passage à Buenos Aires de la directrice générale du FMI. Le Fonds, dont l’Argentine est la première débitrice, voit cette réforme d’un bon œil. Elle a salué les progrès du pays depuis 2023, tout en plaçant la stabilité macroéconomique et financière au cœur des discussions.
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