Monde
La rue a gagné en Inde : le ministre de l’Éducation démissionne après la fronde des étudiants
Après six jours de protestations et une répression violente, les étudiants indiens ont obtenu la tête du ministre de l’Éducation. Une victoire inédite…


Après six jours de protestations et une répression violente, les étudiants indiens ont obtenu la tête du ministre de l’Éducation. Une victoire inédite contre le gouvernement de Narendra Modi.
Tout est parti d’un scandale. En mai dernier, plus de 2 millions de candidats passent l’examen national d’accès aux études de médecine. Mais des fraudes massives éclatent au grand jour. Résultat : l’épreuve est annulée. Pour une vingtaine d’étudiants, la nouvelle est insoutenable. Selon les médias locaux, ils mettent fin à leurs jours. La colère monte, puis explose.
Des milliers de jeunes descendent dans la rue. Leur cible : le ministre de l’Éducation, Pradhan. Ils exigent sa démission. Lundi, alors qu’ils marchent vers le Parlement à New Delhi, la police charge. Coups de bâton, gaz lacrymogènes. Bilan : 180 blessés côté manifestants, « plusieurs centaines » selon la police. Mais rien n’arrête le mouvement. Le « parti du peuple des cafards » (CJP), un collectif en ligne, structure la contestation. Les revendications s’élargissent : difficultés à trouver un emploi, méthodes autoritaires du Premier ministre.
Narendra Modi, d’abord silencieux, tente de calmer le jeu. Il promet des sanctions « sévères » contre les fraudeurs. Son gouvernement adopte même un projet de loi accéléré. Mais les étudiants ne lâchent rien. Vendredi soir, Modi les remercie par vidéo pour leurs « contributions positives ». Peine perdue. Samedi, le ministre Pradhan annonce sa démission sur X : « Pour que la nation reste unie et que les étudiants ne soient pas pris au piège de difficultés juridiques, j’ai décidé de présenter ma démission. » Sur place, à Jantar Mantar, la foule exulte. « Dieu merci, il a démissionné ! », s’écrie Sumina, 21 ans. « C’est une victoire de la démocratie », renchérit une figure de la société civile.
Le gouvernement recule sur toute la ligne. Il promet d’abandonner les poursuites contre les manifestants et d’indemniser les familles des étudiants suicidés. Mais le mal est fait. « L’image de Modi a pris un grand coup », analyse un observateur. « La façon dont il a été ridiculisé ces derniers jours est sans précédent. » Le CJP, lui, ne compte pas s’arrêter là. « Nous nous reverrons d’ici quatre semaines », prévient son porte-parole. La rue a parlé, et elle a été entendue.
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