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Après dix jours de mégafeu, des kinés bénévoles retapent les pompiers

Le brasier girondin ne progresse plus et les soldats du feu soufflent enfin. Dans deux communes, des kinés, ostéopathes et podologues se relaient…

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Après dix jours de mégafeu, des kinés bénévoles retapent les pompiers

Le brasier girondin ne progresse plus et les soldats du feu soufflent enfin. Dans deux communes, des kinés, ostéopathes et podologues se relaient bénévolement pour soigner leurs corps épuisés.

Le dojo adossé au gymnase de Lège-Cap-Ferret a changé de vie. Des lits de camp et des tables de soin s’y entassent. Les pompiers viennent s’y restaurer ou dormir entre deux rotations, mais depuis mardi une équipe de kinésithérapeutes a pris place. La pression est retombée au poste de commandement. Le brasier ne progresse plus. Restent des corps cabossés.

Vincent Gaulhiac, kiné de 42 ans installé à Arès, résume la mission. « On est là pour les retaper, dit-il. C’est comme sur un terrain de sport, il faut faire en sorte que le joueur finisse le match. » Avec ses confrères, il travaille de 8 heures à 1 heure du matin, sans rien facturer. Lui-même a dû évacuer son domicile la semaine dernière quand les flammes ont menacé sa commune. Son cabinet est inaccessible pour l’instant. Alors il donne de son temps. « C’est un métier passion, comme pour eux. »

Sur les tables, les corps parlent. Certains arrivent avec les jambes engourdies, d’autres avec les muscles endoloris par les tuyaux et les charges portées pendant des heures. Les pieds aussi trinquent, avec un nombre « incalculable » d’ampoules à cause des chaussures lourdes et rigides. Ce vendredi matin, le silence est presque religieux dans la salle. Il flotte une odeur d’éther. Les « clients » ne se pressent pas encore. Un jeune pompier volontaire finit par entrer.

Ce barman de 32 ans, moustache dessinée et coupe mulet, ne donne pas son nom. Il travaille sans répit depuis dix jours et dort dans son camion, « vraiment pas fait pour ça ». Son moral tient bon, mais ses lombaires souffrent. Laurène Matthys, kiné elle aussi installée à Arès, l’invite à s’allonger. Massage intense d’une trentaine de minutes. Le jeune homme grogne, soupire, puis se relève en disant « comme neuf ». Il ajoute « c’est trop bien mais ça me couche un peu, je suis épuisé ».

À quelques kilomètres, au Porge, même ambiance dans la salle des fêtes. Kinés, ostéopathes et podologues y dorlotent les soldats du feu. Maxime a fait quinze heures de route depuis le Nord pour prêter main-forte. Il se fait masser le dos. « On dit que c’est un luxe mais en fait c’est complètement nécessaire », assure-t-il. Les bénévoles et les militaires, eux aussi à bout, sont pris en charge. Louise Henrard, 37 ans, résume « j’essaye de réparer les vivants au mieux ». Ils sont près d’une centaine à défiler chaque jour.

Ce travail dépasse le simple soin. Les kinés écoutent les récits de ces journées dans les flammes. Ils offrent un moment de répit à des hommes et des femmes qui n’ont pas arrêté de lutter. En parallèle, des infirmiers des pompiers et de la Croix-Rouge tournent sur le terrain pour distribuer du matériel et prodiguer des premiers soins. Maxime n’en revient pas. « On ne se rend pas compte mais tout ce que font ces bénévoles, c’est incroyable. » Son camarade du Lège-Cap-Ferret n’a « jamais vu ça, autant de gens qui se donnent autant que nous ». Louise Henrard, elle, garde une pensée émue pour ceux qui restent au front. « Il ne faut jamais oublier les pompiers, ce sont des héros. »

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