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Ormuz rouvre mais le pétrole ne coulera plus comme avant

L’accord entre Washington et Téhéran promet de rouvrir le détroit d’Ormuz, bloqué depuis des mois. Mais pour l’industrie pétrolière, le retour à la…

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Ormuz rouvre mais le pétrole ne coulera plus comme avant

L’accord entre Washington et Téhéran promet de rouvrir le détroit d’Ormuz, bloqué depuis des mois. Mais pour l’industrie pétrolière, le retour à la normale s’annonce lent et surtout différent.

L’annonce d’un cessez-le-feu a déjà fait baisser le prix du brut et bondir les Bourses asiatiques. Pourtant, les professionnels du secteur restent sur leurs gardes. Ils attendent des signes concrets, une signature officielle, une véritable réouverture du passage stratégique. Car depuis fin février, ce corridor maritime est devenu le symbole de la fragilité des chaînes d’approvisionnement mondiales. Remettre les puits en route ne se fait pas en un claquement de doigts. Certaines infrastructures ont été endommagées pendant le conflit, et il faudra du temps pour que la production retrouve son rythme d’avant.

Au-delà des questions de calendrier, une certitude s’impose le détroit d’Ormuz ne sera plus jamais un simple passage gratuit. Les discussions autour d’un péage ou de frais de service maritime montrent que le transit aura désormais un coût. Un expert a résumé la situation en parlant de « nouvelle donne ». L’industrie pétro-gazière doit repenser sa façon de travailler. Fini le modèle du « juste à temps » où tout est calibré pour arriver au plus vite. Place à une logistique du « au cas où » avec plus de stocks, des routes alternatives et des projets plus flexibles. TotalEnergies, par exemple, prévoit de lancer de petits projets capables de produire rapidement, et son dirigeant a évoqué la construction de nouveaux pipelines pour contourner le détroit.

Mais ces solutions ont leurs limites. Pour le pétrole brut, des pays comme l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis disposent déjà de pipelines de contournement. Leur capacité reste toutefois insuffisante pour remplacer entièrement Ormuz. Et pour le gaz naturel ou les produits raffinés, le problème est encore plus criant si le détroit est bloqué, tout est bloqué. Comme le dit un analyste, on peut construire des marges de sécurité, mais pas un deuxième détroit du jour au lendemain. La leçon est brutale même après un accord, la dépendance à ce corridor restera une fragilité majeure de l’économie mondiale.

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