Société
La forêt brûle, les animaux survivent à peine : 300 000 personnes veulent stopper la chasse dans les zones
Après des semaines d’incendies dévastateurs, une pétition en ligne demande l’interdiction de la chasse sur les terrains calcinés pour au moins trois ans.…


Après des semaines d’incendies dévastateurs, une pétition en ligne demande l’interdiction de la chasse sur les terrains calcinés pour au moins trois ans. Associations, citoyens et même certains élus jugent urgent de laisser les espèces sauvages se reconstruire, alors que des milliers d’animaux sont déjà morts ou affaiblis.
Sur les réseaux sociaux, les images de chevreuils et de biches fuyant à travers des troncs noircis ont provoqué une vague de colère et de compassion. Une pétition lancée sur Change.org au cœur de l’été a recueilli près de 300 000 signatures en quelques jours. Son auteur, qui se présente comme gérant d’un refuge pour animaux en Auvergne, y décrit des « survivants » épuisés, affamés, privés de tout repère. Il réclame un moratoire de trois ans sur la chasse dans tous les massifs forestiers ayant subi des incendies, le temps que la nature reprenne ses droits. La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a elle-même qualifié les dégâts de « catastrophiques », même si aucun bilan précis des victimes animales n’est encore possible.
Du côté des défenseurs de l’environnement, l’appel à une pause se fait pressant. Cédric Marteau, directeur de la Ligue pour la protection des oiseaux, estime qu’il ne faut pas ouvrir la saison de la chasse dans les zones sinistrées. « Ne rajoutons pas de pression sur des animaux déjà en détresse », insiste-t-il. Dominique Py, de France Nature Environnement, adopte une position plus nuancée : elle préconise une analyse au cas par cas, mais se dit favorable à des restrictions là où c’est nécessaire. Le ministère rappelle que la décision revient aux préfets, qui peuvent déjà suspendre la chasse en cas de calamité naturelle, selon le code de l’environnement.
Mais les chasseurs ne l’entendent pas de cette oreille. Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs, dénonce une « crise émotionnelle » exploitée pour diaboliser la pratique. Selon lui, certaines espèces comme les sangliers ou les cerfs ont été moins touchées que les chevreuils, même si tout dépendra de l’accès aux terrains brûlés. Il refuse catégoriquement de décaler l’ouverture de la saison en septembre. « On tient déjà compte de plein de facteurs, on ajoutera celui du feu », assure-t-il, tout en reconnaissant que de nombreux secteurs seront de toute façon exclus de la chasse par simple bon sens. Le débat reste vif, alors que les dernières flammes viennent à peine de s’éteindre et que la nature tente de renaître parmi les cendres.
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