Société
Doctolib va utiliser les données de millions de patients pour former une IA médicale
Le géant de la prise de rendez-vous médicaux lance un programme de recherche qui exploite les informations de santé de ses utilisateurs. L’objectif est…


Le géant de la prise de rendez-vous médicaux lance un programme de recherche qui exploite les informations de santé de ses utilisateurs. L’objectif est d’améliorer les soins mais le consentement par défaut et les risques de piratage suscitent des critiques.
Doctolib a mis en place un laboratoire de recherche en intelligence artificielle clinique. Ce projet, qui va durer trois ans, vise à étudier comment les outils d’IA peuvent aider les professionnels de santé. Concrètement, il s’agit d’analyser l’historique médical des patients pour anticiper des risques, recommander des examens ou ajuster des traitements. Des chercheurs de plusieurs instituts scientifiques collaborent avec l’entreprise. L’objectif final est de créer des outils destinés aux médecins, comme des alertes en cas d’urgence ou la détection précoce de maladies comme le diabète.
Quelles informations sont concernées ? Toutes les données démographiques et de santé des utilisateurs majeurs, ainsi que celles de leurs proches liés au compte, à l’exception des enfants. Cela inclut les antécédents médicaux, les médicaments, les diagnostics, les ordonnances et même les images d’examens. Ces données sont dites pseudonymisées, c’est-à-dire qu’elles sont séparées de l’identité du patient. Elles seront conservées cinq ans maximum. Doctolib affirme que cet environnement est sécurisé et que les données ne serviront pas à des fins commerciales ni à entraîner les modèles d’IA internes.
Mais ce projet soulève de vives inquiétudes. Plusieurs associations estiment que la pseudonymisation n’est pas une protection suffisante face aux risques de réidentification. Les cyberattaques se multiplient dans le secteur de la santé, et les données hébergées chez un fournisseur américain pourraient être accessibles aux autorités américaines dans le cadre d’enquêtes pénales. Surtout, le consentement des patients est accordé par défaut. Les utilisateurs sont informés par mail et doivent refuser explicitement s’ils ne veulent pas participer. Des critiques jugent que l’information envoyée en plein été avec un délai court ne permet pas un consentement éclairé. Les médecins aussi ont une case cochée automatiquement sur leur compte. Pour s’opposer, il suffit de remplir un formulaire en ligne ou d’écrire à Doctolib avant le lancement technique en septembre. L’entreprise assure respecter le cadre de l’autorité française de protection des données et garantir la sécurité des informations.
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