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Gironde le mégafeu faiblit mais refuse de s’avouer vaincu

Neuf jours après le départ du feu, 42 000 hectares sont partis en fumée et les pompiers n’osent toujours pas crier victoire. La nature donne un coup de…

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Gironde le mégafeu faiblit mais refuse de s'avouer vaincu

Neuf jours après le départ du feu, 42 000 hectares sont partis en fumée et les pompiers n’osent toujours pas crier victoire. La nature donne un coup de main, mais le brasier couve encore sous les cendres.

Neuf jours de lutte épuisante. Neuf jours à voir la forêt girondine se consumer. Ce vendredi, l’incendie qui a déjà dévoré 42 000 hectares semble enfin marquer le pas. La nuit a été clémente, avec un air plus frais et un taux d’humidité qui a donné un vrai coup de pouce aux soldats du feu. La situation est stable, disent les autorités, mais personne ne parle encore d’incendie fixé. Un officier du Sdis 33 glisse que les équipes travaillent pour nourrir l’espoir, sans garantie que tout soit réglé ce week-end.

Au poste de commandement de Lège-Cap-Ferret, les visages restent marqués mais les épaules semblent moins lourdes. Une minute de silence a été observée pour les deux pompiers morts il y a dix jours à Mérignac, juste avant que le mégafeu ne démarre. La Gironde est en deuil, a lancé le lieutenant-colonel Olivier Chavatte, visiblement bouleversé. Les foyers actifs se situent encore du côté de Claouey, Lanton, Le Porge et Lacanau. Ils brûlent au cœur des massifs, dans des zones difficiles d’accès. Pour les atteindre, les pompiers doivent créer des chemins d’accès avec l’aide de la DFCI, car hier des véhicules se sont embourbés dans le sable. Il faut faire passer des engins lourds pour amener de l’eau au plus près du feu.

Pendant ce temps, le chantier des pare-feux continue. Quelque 130 kilomètres de barrières sont consolidés, surtout à l’ouest, dans la zone dunaire. L’objectif est clair. Permettre aux habitants encore évacués de rentrer chez eux, mais seulement quand leur sécurité sera assurée. La préfète Sophie Brocas insiste sur ce point. Le directeur départemental des pompiers, Marc Vermeulen, rappelle que traiter 240 kilomètres de lisière ne se fait pas en un tour de main. Les moyens déployés donnent toutefois une idée de l’ampleur de la tâche. Plus de 3 300 pompiers venus de toute la France, dont 267 ont déjà été blessés, 1 500 militaires, 1 250 policiers et gendarmes, des forestiers, des agriculteurs et des bénévoles se relaient. Vingt-quatre avions bombardiers d’eau tournent dans le ciel, dont sept prêtés par des pays européens. L’Ukraine a même annoncé l’envoi de 70 secouristes et de 15 véhicules spécialisés.

Côté évacuations, le retour à la normale s’organise. Plus de la moitié des 224 000 personnes déplacées ont retrouvé leur logement dans douze communes. Samuel Allix, producteur de pommes de terre à Saint-Jean-d’Illac, savoure enfin le droit de retravailler après cinq jours sans récolte. Il dit avoir perdu beaucoup. Nina Rosazza, gérante d’une métallerie à Andernos-les-Bains, est venue aider dans la forêt de Lanton. Pour elle, le feu n’est pas fini et la vraie crise commence. Touristiquement, écologiquement, visuellement, c’est une catastrophe à long terme. Le gouvernement, lui, chiffre la reprise. Un quart des 82 000 salariés concernés ont repris le travail jeudi et environ 4 000 établissements ont rouvert sur les 23 000 fermés ou évacués. Les autorités comptent toujours 240 habitations détruites, un bilan qui pourrait s’alourdir après les reconnaissances. Ce mégafeu est le plus dévastateur depuis 1949. Dans les Landes voisines, le feu de Biscarrosse, qui a brûlé 3 600 hectares, est considéré comme maîtrisé et les quartiers vont rouvrir.

Reste une hantise chez les sauveteurs, celle de tomber sur des animaux morts. Une brigade de secours animal a été montée en urgence à Lège-Cap-Ferret. Avec des croquettes, des graines et des bidons d’eau, elle parcourt les rues pour nourrir les chats, chiens, poules ou lapins laissés derrière. Les forêts s’enflamment d’autant plus facilement que la sécheresse et les canicules à répétition ont transformé la végétation en poudre. Le sud-est de la France n’est pas épargné, avec des départs de feu en Corse, dans les Hautes-Alpes et le Var. Dans le Var, les deux incendies de Brignoles et du Gros Bessillon sont fixés, après avoir parcouru 130 et 4 500 hectares. Les enquêtes, elles, avancent. Sur tout le territoire, 308 personnes ont été interpellées pour des départs de feu, et deux tiers de ces affaires pourraient être volontaires. Mais les premiers éléments montrent que les plus gros incendies de la saison sont plutôt accidentels. En Gironde, la justice se penche sur sept feux suspects en marge du mégafeu et sur 22 procédures pour des cambriolages dans les zones évacuées.

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