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Les flammes s’éloignent en Gironde, la peur du lendemain s’installe

Le front des incendies se calme enfin dans le massif forestier girondin. Mais entre cendres et économie à l’arrêt, les habitants retiennent leur souffle.

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Les flammes s'éloignent en Gironde, la peur du lendemain s'installe

Le front des incendies se calme enfin dans le massif forestier girondin. Mais entre cendres et économie à l’arrêt, les habitants retiennent leur souffle.

Après des jours de brasier, les pompiers commencent à reprendre la main sur les derniers foyers. La bonne nouvelle reste fragile. Dans les sous-bois noircis, des fumerolles s’élèvent encore, et les équipes s’activent pour empêcher les flammes de renaître. Pourtant, le soulagement est déjà teinté d’inquiétude. Une habitante d’Andernos, qui a installé sa citerne à disposition des secours, résume l’état d’esprit général. Pour elle, la fin du feu ne signe pas la fin des problèmes, elle ouvre une nouvelle période, peut-être plus lourde encore.

Cette patronne de métallerie vient chaque jour aider les pompiers à Lanton. Mais elle voit déjà les semaines à venir avec angoisse. Les hébergements, les restaurants, les boutiques du coin vivaient de la saison touristique. Cette saison est morte. Les arbres reviendront peut-être un jour, mais les troncs noircis resteront longtemps. Pour elle, le territoire est blessé pour des années, aussi bien sur le plan visuel qu’écologique. Sur le terrain, d’autres travailleurs prennent le relais. Un technicien de réseau électrique inspecte les postes endommagés dans les zones calcinées. Pour lui, la reconstruction ne fait que commencer. La trêve ne veut pas dire repos. Il faut rétablir, vérifier, sécuriser.

Dans un camp de base improvisé, des habitants préparent des repas pour les secours. Un jeune entrepreneur a mis son activité entre parenthèses. Il vit au jour le jour, comme tout le monde, et repousse le moment de penser à l’après. On pleurera plus tard, dit-il. Une assistante maternelle en journée distribue des plats de pâtes tout en avouant sa fatigue. Sa famille a été dispersée par les évacuations, l’entreprise du fils qu’elle aide à gérer est à l’arrêt, et son autre fils est pompier sur le front. Mais elle refuse de céder à la panique. L’argent reviendra, assure-t-elle, l’essentiel est de sauver des vies.

Dans un village sinistré, un octogénaire a choisi de ne pas fuir malgré l’ordre d’évacuation. Ancien pompier, il avait préparé ses affaires, puis il a vu les routes bloquées et est rentré chez lui. Aujourd’hui, il arrose son jardin pour occuper les longues heures et se protéger des cendres. Le confinement pèse, mais il espère que les accès seront rouverts ce week-end. Pour lui, la maison représente toute une vie d’efforts. Le feu s’éloigne, la convalescence, elle, commence.

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