Faits Divers
Biscarrosse panse ses plaies retour des habitants entre soulagement et peur du feu qui couve
Après des jours d’enfer, les évacués retrouvent leurs maisons mais l’incendie qui a rasé près de 200 bâtiments n’est pas encore éteint. Entre gratitude…

Après des jours d’enfer, les évacués retrouvent leurs maisons mais l’incendie qui a rasé près de 200 bâtiments n’est pas encore éteint. Entre gratitude envers les pompiers et angoisse d’une reprise, la station balnéaire tente de revivre.
Mardi matin, un ciel gris et une odeur tenace de brûlé accueillent les habitants qui regagnent Biscarrosse. Sur la route, un drap blanc avec « Merci » flotte sur un mur, clin d’œil aux soldats du feu encore nombreux. Dans sa boulangerie à l’entrée de la ville, Célina Serveau sourit derrière son comptoir. « Les gens reprennent un peu de vie », dit-elle après trois jours qualifiés de « scènes de guerre ». Jusqu’à 30 000 personnes avaient fui les flammes qui ont dévoré 3 700 hectares de pinède. Une grande majorité a pu rentrer ce week-end ou lundi soir. « Reprendre un café en terrasse avec des amis, ça fait du bien, mais on n’oublie pas », témoigne Michael Elicegui, un habitant. L’air porte encore ce goût de barbecue qui ne trompe pas.
Pourtant, la menace n’a pas disparu. Le brasier a été fixé dans la journée de lundi, mais il n’est pas éteint. Le préfet Gilles Clavreul a prévenu : « Le feu peut reprendre, on peut avoir des mauvaises surprises. » Plusieurs quartiers restent bouclés par précaution. Michael, lui, a l’impression que l’incendie a « joué aux échecs », épargnant certaines maisons et en brûlant d’autres toutes proches. « Je pense que l’on n’en a pas fini », redoute-t-il. Sur le parking d’une jardinerie à la charpente ravagée, des palmiers intacts côtoient des oliviers calcinés et des braises encore fumantes. Le gérant, fatigué, accueille des experts en assurance sans dire un mot. « C’est dur à admettre, on est au pied du mur mais il faut se relever », lâche François Maubourguet, patron d’une quincaillerie voisine, dans cette zone commerciale où les hangars en tôle sont déformés et les voitures carbonisées.
L’impact économique est déjà visible. À Biscarrosse-plage, le marché est clairsemé. « D’habitude noir de monde l’été, aujourd’hui c’est l’incertitude totale », constate la vigneronne Géraldine Lefebvre-Lopez, qui pointe l’absence des touristes. Dans son restaurant coloré, Marion Bidondo n’a qu’une seule table de clients. « Ce qu’on a perdu, on ne le regagnera jamais », confie-t-elle. Dès le premier soir des incendies, elle avait préparé des moules-frites et des jus de fruits pour les sinistrés. « Tout le monde a été solidaire, mais il faudra que l’État pense aux entreprises », ajoute-t-elle. « On a espoir », souffle-t-elle, comme un dernier rempart face aux cendres.
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