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Le feu du Gros Bessillon va plus vite qu’un cheval au galop, la Gironde reprend son souffle

Dans le Var, le feu a encore gagné 1.000 hectares en six heures. En Gironde, le mégafeu est contenu et les habitants rentrent peu à peu.

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Le feu du Gros Bessillon va plus vite qu'un cheval au galop, la Gironde reprend son souffle

Dans le Var, le feu a encore gagné 1.000 hectares en six heures. En Gironde, le mégafeu est contenu et les habitants rentrent peu à peu.

Le sud de la France n’est pas au bout de ses peines. Dans le Var, le feu du massif du Gros Bessillon est reparti de plus belle, alors qu’il avait été considéré comme fixé quatre jours plus tôt. Le préfet Simon Babre décrit un incendie qui va plus vite qu’un cheval au galop. En l’espace de six heures, les flammes ont parcouru 1.000 hectares supplémentaires. La faute aux rafales de mistral et aux vents orageux qui ont attisé des braises encore brûlantes. Face à cette progression spectaculaire, les renforts sont attendus samedi. Déjà 720 pompiers luttent sur place, appuyés par six hélicoptères bombardier d’eau, six Canadair et deux Dash. Environ 2.500 habitants ont dû quitter leur logement, notamment à Correns et à Montfort-sur-Argens, où d’épaisses fumées grises cachent le ciel bleu.

Sur la façade atlantique, la tendance s’inverse. Le mégafeu de Gironde, le plus dévastateur depuis 1949, est enfin contenu. Les autorités espèrent le fixer dans les prochains jours. Sur les 220.000 personnes évacuées au pire de la crise, 90% ont pu regagner leur foyer. Mais les zones sinistrées restent interdites. Saumos, Le Temple, Le Porge et Lège-Cap-Ferret sont encore vides de leurs habitants. Deux secteurs demeurent sous surveillance renforcée, le littoral du Porge et le sud de Lacanau. Marc Vermeulen, patron des pompiers de Gironde, rappelle que 240 kilomètres de lisières restent à traiter. Un feu fixé ne veut pas dire un feu éteint, seulement un feu qui ne progresse plus. Malgré tout, le trafic ferroviaire, interrompu au plus fort de l’incendie, doit reprendre samedi.

Côté bilan, la facture est lourde. 240 habitations sont parties en fumée, un décompte qui va encore évoluer au fil des reconnaissances sur le terrain. Aucune perte humaine n’est à déplorer, une immense chance au vu de la violence du brasier. Mais les efforts des secours ont des effets sur les corps. 267 pompiers ont été blessés. La nature, elle, paie un lourd tribut. Les sauveteurs redoutent de tomber sur des animaux domestiques ou sauvages morts. Le président de la Ligue de protection des oiseaux parle de millions d’animaux affectés. Sur le front de la solidarité, les initiatives ne manquent pas. À Lège-Cap-Ferret, des kinésithérapeutes bénévoles se sont installés dans un dojo pour masser les pompiers épuisés. « J’essaie de réparer les vivants », confie Louise Henrard, 37 ans.

La menace n’a pas disparu pour autant. Les sols et la végétation sont sèches depuis des mois, et les canicules à répétition ont transformé les forêts en poudrière. En Haute-Corse, la vallée de la Restonica a fini par être maîtrisée après dix-huit jours de lutte, mais plus de 1.000 hectares sont partis en fumée. Du côté des enquêtes, la justice progresse. 308 personnes ont été interpellées en lien avec des départs de feu. Les autorités estiment que deux tiers de ces incendies pourraient être volontaires, et 33 suspects ont été placés en détention.

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