Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

Au Venezuela, un mois après le séisme, hommages et colère mêlés

Un mois jour pour jour après le double tremblement de terre qui a fait plus de 5 500 morts, le pays a observé une minute de silence. Mais dans les rues de…

Article

le

Au Venezuela, un mois après le séisme, hommages et colère mêlés

Un mois jour pour jour après le double tremblement de terre qui a fait plus de 5 500 morts, le pays a observé une minute de silence. Mais dans les rues de Caracas, la douleur se mêle à des manifestations anti-américaines.

Vendredi soir, à Tanaguarena, l’un des quartiers les plus sinistrés du nord du Venezuela, les pelleteuses se sont tues. Devant un petit autel couvert de jouets et de peluches, une femme récitait son chapelet. Puis à 18h04 précises, l’heure exacte où la terre a tremblé il y a un mois, la foule a fait silence. Un mois de recherches, de décombres et de larmes. Un mois sans nouvelle pour des milliers de familles. Au complexe OPP 26 de Caraballeda, même scène. Des gens se sont enlacés, ont pleuré, puis l’hymne national a retenti. Caracas aussi a vu des cérémonies sur ses places publiques. Des processions aux cierges ont traversé Los Corales, où des immeubles se sont effondrés. Un prêtre a béni des secouristes. « C’est merveilleux, nous sommes tous dans le même combat », a dit Robert Rivero, 48 ans, un T-shirt blanc à l’effigie de son neveu et de sa belle-sœur morts. Lui a pu récupérer leurs corps au bout de dix jours. Mais beaucoup restent sous les gravats. Le bilan officiel donne 5 546 morts. Le nombre de disparus, lui, n’est pas communiqué. L’ONU en estimait 50 000 juste après le drame. D’autres projections parlent de 10 000.

Alors que les secouristes continuent de fouiller les ruines, la colère n’est jamais loin. À Caracas, une centaine de partisans de Nicolas Maduro ont brûlé un drapeau américain et un drapeau israélien sur la place Simon Bolivar. Ils ont piétiné des photos de Donald Trump et de Benyamin Netanyahou en criant « Gringos go home ». Pour eux, l’aide humanitaire venue des États-Unis n’est qu’une « occupation ». Pourtant, depuis la capture de Maduro, le gouvernement de Delcy Rodriguez a ouvert le secteur pétrolier au privé sous la pression de Washington. Les sanctions américaines se lèvent progressivement. Et vendredi, le nouveau ministre des Affaires étrangères, Felix Plasencia, a annoncé que le Venezuela quittait la Cour pénale internationale. La CPI, accusée d’être une justice à deux vitesses, enquêtait depuis 2018 sur d’éventuels crimes contre l’humanité commis sous Maduro.

Les deux séismes de magnitude 7,2 et 7,5 du 24 juin ont rasé des centaines d’immeubles dans l’État côtier de La Guaira et dans la capitale. Désormais, les opérations de recherche laissent place au déblaiement et à la reconstruction. Le Fonds monétaire international a débloqué 346 millions de dollars pour financer ces chantiers. Mais pour beaucoup de Vénézuéliens, le deuil est encore trop brut pour penser à l’avenir. Entre les prières silencieuses et les slogans enflammés, un pays tente de se relever sans oublier ceux qu’il a perdus.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus