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Au Venezuela, la transition se négocie sans la prix Nobel de la paix

Le pouvoir et l’opposition vénézuéliens ont rouvert le dialogue jeudi à Caracas, avec les États-Unis comme garants. Mais la cheffe de l’opposition, prix…

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Au Venezuela, la transition se négocie sans la prix Nobel de la paix

Le pouvoir et l’opposition vénézuéliens ont rouvert le dialogue jeudi à Caracas, avec les États-Unis comme garants. Mais la cheffe de l’opposition, prix Nobel de la paix, reste en exil et ne participe pas.

Les discussions ont démarré avec plusieurs heures de retard, mais elles ont bien eu lieu. Jeudi, dans la base militaire de La Carlota à Caracas, les représentants du pouvoir et de l’opposition se sont retrouvés autour d’une même table. Seuls les photographes ont été admis, pour une photo officielle, avant que la rencontre ne passe en huis clos.

Cette réunion a des airs de paradoxe. Maria Corina Machado, la cheffe de l’opposition et prix Nobel de la paix, n’y participe pas. Elle est en exil, et de nombreux observateurs évoquent un veto américain à son retour, même si Washington le dément. Autre contexte lourd, ces pourparlers interviennent sept mois après la capture du président Nicolas Maduro par l’armée américaine. Depuis, Delcy Rodriguez, l’ancienne vice-présidente, gouverne par intérim sous la pression constante des États-Unis.

Le pouvoir a délégué la négociation à Jorge Rodriguez, président de l’Assemblée nationale et frère de Delcy Rodriguez. L’opposition est représentée par Dinorah Figuera, une ancienne députée exilée et encore peu connue du public. C’est elle qui avait dirigé le groupe parlementaire d’opposition vainqueur des législatives de 2015, une élection dont les résultats avaient été rejetés par Maduro. Arrivée la veille à Caracas, elle a affirmé que ce dialogue devait servir à réinstaurer la démocratie.

De part et d’autre, on affirme la même envie de tourner la page. Les deux délégations ont annoncé avoir souscrit aux principes de respect de la souveraineté nationale, de négociation de bonne foi et de protection des droits humains et politiques. L’opposition parle clairement d’un processus de stabilisation, de réconciliation et de transition pacifique. Les échanges doivent se poursuivre jusqu’à mercredi prochain.

Washington ne cache pas son implication. Le département d’État américain qualifie cette négociation d’occasion unique et répète son leitmotiv, la stabilisation, la reprise économique puis la réconciliation politique. Donald Trump s’est déjà dit satisfait du travail de Delcy Rodriguez. Maria Corina Machado, elle, apporte son soutien à une résolution bipartisane du sénateur républicain Ted Cruz qui réclame des élections libres et équitables au Venezuela. Elle assure qu’une transition démocratique rétablirait la liberté et la prospérité du pays, tout en donnant aux États-Unis un allié fiable. Elle n’avait pas fermé la porte à ce dialogue, mais elle reste loin de la table.

Dans les rangs de l’opposition, certains misent sur la présence américaine pour éviter que les promesses ne s’évaporent. Juan Pablo Guanipa, proche de Maria Corina Machado, estime qu’il existe cette fois un vrai garant que le chavisme tiendra parole. Il attend un calendrier électoral et la libération des prisonniers politiques. L’ONG Foro Penal en recense encore près de 400, malgré des centaines de libérations depuis janvier. Des familles de détenus ont demandé à Dinorah Figuera de profiter de ce dialogue pour faire sortir leurs proches. Mayra Morales, sœur d’un militaire incarcéré, a lancé un appel, les prisonniers politiques ne doivent pas servir de monnaie d’échange, il faut les libérer immédiatement.

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