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Taïwan barricade un pont vital face aux menaces de Pékin
L’armée taïwanaise a transformé un pont stratégique en forteresse lors d’un exercice nocturne. Le but, stopper une éventuelle offensive chinoise vers la…


L’armée taïwanaise a transformé un pont stratégique en forteresse lors d’un exercice nocturne. Le but, stopper une éventuelle offensive chinoise vers la capitale.
Jeudi soir, aux abords de Taïpei, des soldats ont installé des barrières en béton et des barbelés sur le pont Danjiang, qui enjambe l’embouchure du fleuve Tamsui. Ce pont récent, long de près d’un kilomètre, a servi de décor à des manoeuvres militaires simulant une invasion. L’exercice s’inscrit dans le cadre des grandes manoeuvres annuelles Han Kuang, dont cette première phase doit s’achever vendredi matin.
Ce pont est un point stratégique majeur aux yeux des militaires. Si la Chine lançait une attaque, ses forces pourraient débarquer sur les deux rives du Tamsui puis traverser le pont pour avancer ensemble vers Taïpei. Un expert taïwanais de la défense explique que contrôler ce secteur permettrait à l’Armée populaire de libération de relier ses deux têtes de pont en une seule zone. D’où l’importance de tout verrouiller avant l’arrivée de l’ennemi.
Sur place, sous un éclairage bleuté, des dizaines de soldats du génie, aidés par des grues et des camions, ont déposé des obstacles en béton et en acier, ainsi que des barbelés. Ils ont aussi déployé des filets dans l’eau, des plateformes flottantes et des barils susceptibles d’être remplis d’explosifs en cas de conflit. L’objectif est simple, ralentir la progression adverse et canaliser les troupes vers des zones où la défense taïwanaise a davantage de puissance de feu.
Les habitants observent ces exercices avec sérieux. Un retraité de 75 ans estime que cette répétition permet de tester la défense du pont, de repérer les points faibles et de savoir quoi améliorer. Une infirmière de 37 ans juge l’entraînement indispensable, car une guerre reste possible selon elle. L’ambiance est concentrée, sans panique, mais avec la conscience que la menace est réelle.
Plus tôt dans la journée, le président taïwanais Lai Ching-te s’est rendu au port de Taïpei, tout proche, pour suivre le chargement de missiles et de mines à bord de navires. La veille au soir, il avait lui-même participé à une simulation d’évacuation, quittant le palais présidentiel à bord d’un véhicule blindé pour rejoindre un centre de commandement sécurisé. Les manoeuvres Han Kuang, qui se poursuivent jusqu’au 14 août, prévoient aussi le déploiement de systèmes antiaériens taïwanais et américains. Cette année, l’accent est mis sur la décentralisation du commandement, pour que les officiers sur le terrain puissent prendre des décisions opérationnelles sans attendre les ordres d’en haut.
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