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Washington veut un canal d’alerte avec Pékin sur les dérapages de l’IA

À quelques jours d’un sommet entre Donald Trump et Xi Jinping, les États-Unis ont proposé à la Chine un mécanisme de notification en cas d’incident lié à…

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Washington veut un canal d'alerte avec Pékin sur les dérapages de l'IA

À quelques jours d’un sommet entre Donald Trump et Xi Jinping, les États-Unis ont proposé à la Chine un mécanisme de notification en cas d’incident lié à l’intelligence artificielle. L’idée affichée est de sortir de l’opacité entre les deux grandes puissances de cette technologie.

L’annonce est tombée dimanche, à New York, au terme d’une journée de discussions entre le ministre américain des Finances Scott Bessent et le vice-Premier ministre chinois He Lifeng. Les deux hommes se sont retrouvés au siège de la banque JPMorgan, en présence du représentant au commerce de la Maison Blanche, Jamieson Greer. Le principe posé sur la table par la partie américaine ressemble à un système d’alerte. Prévenir l’autre lorsqu’un incident survient, en particulier s’il touche à la sécurité nationale.

Bessent a résumé l’ambition de la journée en parlant de passer « d’une situation d’opacité à davantage de transparence » entre les deux premiers acteurs mondiaux de l’IA. Il a aussi évoqué l’envie de définir « une vision commune de nos objectifs et des menaces auxquelles nous sommes confrontés ». Une formule qui en dit long sur l’air du temps. Ces derniers mois, plusieurs épisodes ont nourri la crainte de voir cette technologie échapper à ceux qui la conçoivent.

Il faut dire que Washington et Pékin se livrent une course à l’IA qui ressemble à un duel. Côté américain, la concurrence chinoise sert de repoussoir et justifie d’accélérer pour garder la main. La Chine, elle, se pose en alternative à la mainmise américaine sur ces technologies. Un mécanisme de notification ne fera pas disparaître cette rivalité, mais il pourrait éviter que les deux camps avancent totalement à l’aveugle.

La rencontre n’a pas porté que sur l’IA. Scott Bessent l’a jugée « très fructueuse », y compris sur le volet commercial. Le calendrier est serré. Il s’agit de prolonger la trêve conclue l’an dernier après un échange de droits de douane punitifs, un accord qui arrive à échéance en novembre. Les responsables américains veulent aussi s’assurer que la Chine ne posera pas de nouvelles restrictions à l’exportation de ses terres rares, indispensables aux aimants utilisés dans l’automobile, les smartphones ou l’armement.

Autre dossier sensible, l’Iran. Bessent pilote le volet économique de la pression américaine contre Téhéran, entre sanctions et avertissements pour tarir ses ressources financières. Or la Chine compte parmi les soutiens diplomatiques de l’Iran et figure au premier rang des acheteurs de son pétrole. Un paramètre qui pèse forcément dans la discussion.

Le tout se joue à quelques jours d’un rendez-vous de haut vol. Donald Trump recevra Xi Jinping à Washington et réservera au dirigeant chinois un honneur rare en se rendant à sa descente d’avion. Jeudi, lors de cette visite d’État, Xi Jinping est convié à un dîner à la Maison Blanche aux côtés de deux visages clés de l’IA américaine, Sam Altman, patron d’OpenAI, et Jensen Huang, celui de Nvidia. De quoi rappeler que le dossier ne se réglera pas en une seule réunion.

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