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Depuis Saint-Pierre-et-Miquelon, Paris et Ottawa font front commun

Emmanuel Macron et le Premier ministre canadien Mark Carney ont affiché leur unité sur le petit archipel français de l’Atlantique Nord. Les deux…

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Depuis Saint-Pierre-et-Miquelon, Paris et Ottawa font front commun

Emmanuel Macron et le Premier ministre canadien Mark Carney ont affiché leur unité sur le petit archipel français de l’Atlantique Nord. Les deux dirigeants promettent un rapprochement concret dans la pêche, la sécurité et l’énergie.

Emmanuel Macron et Mark Carney se sont retrouvés à Saint-Pierre-et-Miquelon, minuscule territoire français posé au large du Canada. Ensemble, les deux hommes ont posé une idée simple. Leurs pays sont des nations indépendantes et entendent le rester. « Nous croyons l’un et l’autre dans la démocratie, l’état de droit, le respect du droit international », a énuméré le président français au côté de son hôte.

Le nom de Donald Trump n’a jamais été prononcé. Il était pourtant dans toutes les têtes. Le président américain multiplie les menaces d’annexion contre le Canada et a diffusé une carte recouvrant toute la région du drapeau américain, Saint-Pierre-et-Miquelon compris. « Dans toute la région, nous avons un défi qui est celui de se faire respecter », a insisté Emmanuel Macron devant les habitants, en rappelant la crise autour du Groenland. Mark Carney a renchéri après s’être incliné devant le monument aux engagés volontaires de la France libre. « L’histoire se souvient de ceux qui défendent leur souveraineté », a-t-il martelé.

Les deux responsables veulent aller plus loin qu’un simple affichage. Ils ont annoncé vouloir bâtir « un rapprochement profond » autour de trois chantiers, la pêche, la sécurité et l’énergie. Le Canada, grand producteur, pourrait livrer à l’Europe du gaz naturel liquéfié. Une piste précieuse alors que le prix des carburants tend les esprits et que le conflit au Moyen-Orient bouscule les approvisionnements. Emmanuel Macron a remercié Mark Carney d’avoir « si vite répondu » à sa demande d’avancer sur des projets très concrets.

L’archipel traîne une histoire lourde. En 1941, il s’est rallié à la France libre à l’initiative du général de Gaulle, contre la volonté du président américain Franklin D. Roosevelt, qui préférait préserver le statu quo avec le régime de Vichy. Aujourd’hui, ses 5 800 habitants composent avec une vie chère, un déclin démographique et la menace climatique. La « guerre à la morue » des années 80 et le moratoire imposé par Ottawa ont laissé des plaies profondes. Le chef de l’État a appelé les Saint-Pierrais à ouvrir une « nouvelle étape » avec leur grand voisin.

À Miquelon, village de 600 âmes, le déménagement a déjà commencé. Les habitants relocalisent leurs maisons un kilomètre et demi plus loin pour échapper à la montée des eaux. Une dizaine de bâtiments neufs sont sortis de terre. Emmanuel Macron a promis d’accélérer le mouvement pour installer la moitié de la population à l’abri d’ici 2033, sans avancer de montant. Le projet ne fait pas l’unanimité. « Ça crée une tension entre ceux qui sont pour et ceux qui sont contre », résume Lise Leloche, 73 ans.

Le président a aussi sorti le carnet de chèques. Dix-neuf millions d’euros iront à la rénovation du port de Saint-Pierre, dont un quai menace de s’effondrer. Il a dessiné une autre ambition, faire de l’archipel un pôle de « l’économie des données », avec des data centers à la clé. L’entreprise française SCLES planche sur un câble qui relierait la Bretagne à New York en passant par Saint-Pierre. L’État financera les premières études.

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