Nous rejoindre sur les réseaux

Europe

Andras Baka, le juge qui a dit non à Orban, candidat à la présidence hongroise

L’ancien chef de la Cour suprême, limogé par Viktor Orban pour avoir défendu l’indépendance des juges, entre en scène. Les députés hongrois votent mardi…

Article

le

Andras Baka, le juge qui a dit non à Orban, candidat à la présidence hongroise

L’ancien chef de la Cour suprême, limogé par Viktor Orban pour avoir défendu l’indépendance des juges, entre en scène. Les députés hongrois votent mardi pour élire un président de la République.

Le parti Tisza, la formation du Premier ministre Peter Magyar, a jeté son dévolu sur Andras Baka. Le groupe parlementaire, qui domine l’Assemblée nationale, a officialisé cette candidature pour l’élection présidentielle de mardi. Le magistrat de 73 ans succéderait ainsi à Tamas Sulyok, un proche de Viktor Orban, dont le mandat constitutionnel a été écourté.

Le choix ne doit rien au hasard. Andras Baka est célèbre pour son affrontement avec le chef du Fidesz. En 2012, alors qu’il préside la Cour suprême, il s’oppose à la réforme qui fait passer l’âge de la retraite des juges de 70 à 62 ans. Il y voit une manière de déguiser une purge du corps judiciaire. La sanction tombe aussitôt. Il est démis de ses fonctions du jour au lendemain. Les institutions européennes et les États-Unis montent au créneau, mais Viktor Orban ne cède pas. En 2016, la Cour européenne des droits de l’homme lui donne finalement raison et estime que son éviction visait à intimider les juges.

Pour le parti Tisza, ce passé plaide en sa faveur. Le groupe vante l’expérience et l’indépendance d’un homme attaché à la séparation des pouvoirs et à l’État de droit. La procédure de sélection a été encadrée. La direction a d’abord reçu dix candidats, puis en a proposé trois aux élus, qui ont tranché par un vote secret. Peter Magyar avait auparavant sondé la championne d’échecs Judit Polgar, mais elle a décliné après des critiques sur l’absence de consultation du public, alors que cette consultation avait été promise.

Reste l’étape parlementaire. Andras Baka est attendu comme seul candidat, car le seuil requis est faible. Il doit recueillir les voix d’au moins un cinquième des 199 députés, ce qui semble acquis pour Tisza. Le Fidesz et son allié KDNP ont annoncé boycotter le scrutin pour protester contre le sort fait à Tamas Sulyok. Le futur président n’aura toutefois qu’une fonction essentiellement protocolaire, le pouvoir exécutif réel revenant au Premier ministre.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus