Europe
Zelensky à Belgrade pour arracher la Serbie à l’orbite russe
Le président ukrainien effectue sa toute première visite en Serbie, un allié historique de Moscou. Objectif, convaincre Belgrade de tourner le dos à la…


Le président ukrainien effectue sa toute première visite en Serbie, un allié historique de Moscou. Objectif, convaincre Belgrade de tourner le dos à la Russie alors que les bombes pleuvent encore sur Kiev.
Le président ukrainien a partagé un dîner à Belgrade avec son homologue serbe Aleksandar Vucic, vendredi soir. Une rencontre inédite, la toute première visite de Volodymyr Zelensky en Serbie. Le contexte est lourd. Dans la nuit, des frappes russes ont tué au moins trois personnes dans la région de Kiev et blessé sept autres. Le chef de l’État ukrainien poursuit son marathon diplomatique pour trouver de nouveaux appuis.
Ce voyage relève du pari. La Serbie est un partenaire de longue date de Moscou, elle dépend du gaz et du pétrole russes et elle n’a jamais suivi les sanctions européennes. Mais Aleksandar Vucic cultive l’équilibre. Il a rencontré Vladimir Poutine à Moscou puis à Pékin, et il s’est rendu deux fois en Ukraine ces derniers mois. Il a aussi salué le fait que Kiev ne reconnaisse pas l’indépendance du Kosovo. Un responsable ukrainien a confié que l’objectif était de détacher Belgrade du camp russe, une gifle pour Moscou.
Au menu des discussions de samedi, l’économie, l’Union européenne et la sécurité. Ce dernier point est très délicat. Les services de renseignement russes ont accusé les entreprises d’armement serbes d’acheminer des munitions vers l’Ukraine via des pays tiers. Aleksandar Vucic a promis de bloquer tout contrat au moindre doute. Mais l’Ukraine manque cruellement de munitions, plus de quatre ans après le début de l’invasion. La ligne de front bouge à peine, et les frappes se font de plus en plus meurtrières contre les civils, comme mercredi à Kiev où dix-sept personnes sont mortes sans qu’aucun missile puisse être arrêté.
Volodymyr Zelensky espérait obtenir des missiles Patriot de Washington. Il a plaidé sa cause auprès de Donald Trump fin juillet, essuyé un refus. Les stocks américains sont trop bas. Le président américain a toutefois accepté de nouvelles sanctions contre Moscou, votées par le Sénat vendredi soir. Elles touchent le secteur des hydrocarbures russes et prévoient des droits de douane sur les pays importateurs comme la Chine et l’Inde. Pendant ce temps, les bombes continuent de tomber sur les villes ukrainiennes.
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