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L’Espagne hausse le ton face à l’Italie et vise ses voyageurs

Madrid laisse à Rome jusqu’à dimanche pour lever ses vérifications aux frontières, avant des représailles qui toucheraient les voyageurs italiens. La…

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L'Espagne hausse le ton face à l'Italie et vise ses voyageurs

Madrid laisse à Rome jusqu’à dimanche pour lever ses vérifications aux frontières, avant des représailles qui toucheraient les voyageurs italiens. La crise migratoire de Ceuta vire au différend diplomatique entre les deux pays.

Le gouvernement espagnol a annoncé vendredi sa volonté de prendre des représailles contre les voyageurs en provenance d’Italie si Rome ne revenait pas, d’ici dimanche, sur les vérifications qu’elle a rétablies aux frontières avec l’Espagne. Cette décision italienne a été prise après l’arrivée massive et soudaine de migrants dans l’enclave de Ceuta, territoire espagnol situé sur la côte nord-africaine.

Madrid ne décolère pas. Dans un communiqué, le gouvernement espagnol qualifie cette mesure d’injuste, de discriminatoire et de contraire aux intérêts de l’Union européenne. Il rappelle surtout que les personnes entrées de manière irrégulière à Ceuta la semaine dernière n’ont pas pu circuler librement dans l’espace Schengen. Autrement dit, l’Espagne estime que la réaction italienne est disproportionnée. L’afflux de migrants a mis les autorités espagnoles à rude épreuve, mais aussi les autres pays membres de l’UE, plusieurs d’entre eux s’étant inquiétés pour l’intégrité de l’espace de libre circulation.

La décision de Giorgia Meloni, datée du 31 juillet, a nettement dégradé les relations diplomatiques entre Rome et Madrid. Pour ses détracteurs, elle relève avant tout du symbole et vise à calmer une opinion publique italienne rétive. La coalition de droite au pouvoir depuis 2022, qui a bâti sa campagne sur la promesse de réduire l’immigration illégale, subit la pression du parti d’extrême droite Futur national. Mené par l’ancien général Roberto Vannacci, ce mouvement anti-migrants séduit une partie de l’électorat conservateur.

L’Espagne attend donc une réponse de Rome avant dimanche. Passé ce délai, elle pourrait appliquer des représailles concrètes contre les voyageurs italiens. Les deux capitales se renvoient la responsabilité, l’une défendant la libre circulation, l’autre affirmant protéger ses frontières. Un dossier qui place l’Union européenne face à ses divisions internes.

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