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L’Espagne met l’Italie au défi et promet des représailles

Rome refuse de céder à l’ultimatum de Madrid sur les contrôles frontaliers. La crise migratoire de Ceuta empoisonne les relations entre les deux capitales.

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L'Espagne hausse le ton face à l'Italie et vise ses voyageurs

Mis à jour le 7 août à 23h17

Rome refuse de céder à l’ultimatum de Madrid sur les contrôles frontaliers. La crise migratoire de Ceuta empoisonne les relations entre les deux capitales.

L’Espagne a mis l’Italie en demeure. Le gouvernement de Pedro Sanchez prévient qu’il prendra des mesures de rétorsion contre les voyageurs venus d’Italie si Rome ne supprime pas ses contrôles frontaliers d’ici dimanche. Depuis le 31 juillet, l’Italie soumet les personnes arrivant d’Espagne à des vérifications renforcées, une réponse directe à l’afflux de migrants à Ceuta, cette enclave espagnole sur la côte nord-africaine.

La réaction de Giorgia Meloni ne s’est pas fait attendre. Son gouvernement refuse tout ultimatum et maintient les restrictions jusqu’au 15 août au moins. Aux yeux de Madrid, ces contrôles sont injustes et discriminatoires, et ils vont à l’encontre des intérêts de l’Union européenne. L’Espagne rappelle que les migrants arrivés à Ceuta n’ont jamais pu circuler librement dans l’espace Schengen grâce aux règles spécifiques qui encadrent l’enclave.

La crise migratoire a mis l’UE à l’épreuve et plusieurs États membres ont critiqué Madrid. Mais la décision italienne s’explique aussi par la politique intérieure. Arrivée au pouvoir en 2022 sur la promesse de réduire l’immigration illégale, la coalition de Meloni subit la concurrence du parti d’extrême droite Futur national, mené par l’ancien général Roberto Vannacci. Son discours anti-immigration séduit une partie de l’électorat conservateur. La ministre espagnole de la Jeunesse, Sira Rego, estime que la cheffe du gouvernement italien est en croisade.

Pour appuyer sa critique, le gouvernement espagnol avance des chiffres qui font mal. L’Italie a enregistré ces dernières années le plus grand nombre d’entrées irrégulières sur son sol, avec des statistiques deux fois supérieures à celles de l’Espagne. De quoi faire vaciller la posture de Rome et relancer le débat sur la solidarité européenne en matière migratoire.

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