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Trump surprend au G7 en changeant de cap sur l’Ukraine

Le président américain, habitué à snober les sommets, a cette fois signé une déclaration commune promise à la fermeté face à la Russie et longuement…

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Trump surprend au G7 en changeant de cap sur l'Ukraine

Le président américain, habitué à snober les sommets, a cette fois signé une déclaration commune promise à la fermeté face à la Russie et longuement échangé avec Volodymyr Zelensky. Mais ce virage inattendu pourrait n’être qu’un feu de paille.

Pendant des mois, les Européens redoutaient de voir Donald Trump torpiller le front uni contre Moscou. À Évian, c’est l’inverse qui s’est produit. Le dirigeant républicain, pourtant connu pour son mépris des grands barnums diplomatiques, a joué le jeu du multilatéralisme. Il a accepté un tête-à-tête improvisé avec Emmanuel Macron et Volodymyr Zelensky. Ce dernier lui a montré des photos d’une cathédrale orthodoxe de Kiev touchée par une frappe russe. Une image forte pour un président qui promet de défendre les chrétiens dans le monde. Et il a signé, sans rechigner, un texte où les sept pays s’engagent à « accroître les pressions sur l’économie de guerre de la Russie ». Mieux, il a évoqué la remise en place de sanctions sur le pétrole russe, même en termes vagues. Une source diplomatique européenne a résumé la nouvelle donne d’une formule très trumpienne : « Pour Trump, le loser aujourd’hui, c’est Poutine, et le winner, c’est Zelensky. »

Ce revirement ne s’est pas fait tout seul. Les hôtes du G7 ont déroulé le tapis rouge au milliardaire imprévisible. Emmanuel Macron l’a convié à Versailles, jouant sur son goût du faste pour le retenir jusqu’à la fin du sommet. Le chancelier allemand Friedrich Merz lui a offert un maillot de l’équipe nationale floqué à son nom avec le numéro 47, celui de son mandat. Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a même regretté que Trump n’ait pas pu finir son dîner tellement il était accaparé par les convives. Lui-même en a rajouté, arrivant en retard à une réunion en clamant « C’est moi le patron ! », sous les rires polis des autres dirigeants. Et le communiqué final cite son nom trois fois, à la demande de Washington, comme s’il fallait le remercier pour l’accord sur l’Iran négocié « sous sa conduite ferme ». Un diplomate a lâché : « Si c’est le prix à payer, on aurait pu le faire cinq, six, sept fois. »

Mais la prudence reste de mise. Donald Trump est versatile, il le sait et l’assume. Il est convaincu que la guerre en Ukraine n’a pas d’incidence stratégique pour les États-Unis. Emmanuel Macron a certes juré sa « confiance » et vanté le « moment d’Évian ». Pourtant, un souvenir pèse sur les esprits : celui d’Anchorage, en Alaska, où en août 2025 le président américain avait eu un sommet cordial avec Vladimir Poutine. Une photo de cette rencontre trône à la Maison Blanche. Le virage du G7 durera-t-il au-delà des eaux calmes du lac Léman ? Rien n’est moins sûr. Kiev et ses alliés retiennent leur souffle.

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