Politique
La Corse face à un ultimatum armé
Le FLNC-UC sort de l’ombre pour étriller l’autonomie de l’île et prévient ceux qui viennent s’y installer. Une quinzaine de militants cagoulés et armés…


Le FLNC-UC sort de l’ombre pour étriller l’autonomie de l’île et prévient ceux qui viennent s’y installer. Une quinzaine de militants cagoulés et armés ont fait passer un message très clair.
Le Front de libération nationale corse-Union des Combattants ne veut pas entendre parler de l’autonomie en préparation. Dans une prise de parole clandestine, une quinzaine de membres encagoulés et armés ont qualifié le processus de mascarade. Ce projet, adopté le 23 juin par l’Assemblée nationale, doit être examiné par le Sénat. Aux yeux du groupe, il aboutit à la négation de l’existence du peuple corse et renie les revendications portées depuis des décennies. Le FLNC-UC assure déjà vivre dans l’après-Beauvau, comme si les discussions n’avaient aucune valeur.
Le mouvement en profite pour régler ses comptes avec tous ceux qui soutiennent ce texte. Les partis nationalistes qui jouent le jeu du dialogue sont traités de dupes. Le FLNC-UC vise aussi des responsables haut placés, des groupes financiers corses et des collectifs antimafia, sans les nommer. Il refuse de se retrouver aux côtés de ceux qui acceptent des justices d’exception. Sa conclusion est simple. Il faut créer un nouveau rapport de force politique, par les voies et les moyens qu’il ne précise pas.
Le ton monte encore quand le groupe aborde l’installation des non-Corses. Il dénonce une colonisation de peuplement galopante, portée par l’arrivée de près de 5 000 personnes venues de l’extérieur, en majorité des Français, pour travailler ou s’offrir des résidences secondaires. Une hausse qu’il juge démentielle. Aux yeux du FLNC-UC, ceux qui valident des textes favorisant cette évolution commettent une grave faute politique. Le message final est sans appel. Restez chez vous. Et si vous venez quand même, ne vous considérez pas en sécurité sur le territoire national.
Le FLNC-UC ne renonce pas pour autant à l’action politique. Il dit vouloir continuer à soutenir toutes les initiatives qui pourraient mener à une solution, tout en réaffirmant son objectif d’indépendance nationale. Le mouvement est né en 1976, lors d’une première nuit bleue marquée par dix-huit attentats. Depuis, les scissions et les luttes internes ont brouillé son image. Sa dernière grande action revendiquée remonte à octobre 2023. Cette nuit bleue-là a vu 45 explosions viser surtout des résidences secondaires et un ancien centre des impôts à Ajaccio, sans faire de blessés.
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