Politique
La Nouvelle-Calédonie face à l’urgence de 109 millions d’euros à trouver avant la fin du mois
Le gouvernement calédonien est désormais en pleine fonction et doit éviter le pire. Sans argent rapide, la collectivité risque l’arrêt complet.


Le gouvernement calédonien est désormais en pleine fonction et doit éviter le pire. Sans argent rapide, la collectivité risque l’arrêt complet.
Le 19e gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a pris ses marques mercredi. Les portefeuilles ont été attribués à l’unanimité aux 11 membres de l’exécutif, qui gérait jusqu’ici les affaires courantes. La mission est immense. Il faut redresser une situation financière catastrophique. Le président Milakulo Tukumuli est clair. La collectivité est en cessation de paiement. Il manque environ 109 millions d’euros, soit 13 milliards de francs Pacifique, pour tenir jusqu’à la fin août. Sans ce financement, il redoute un arrêt total du fonctionnement de la collectivité.
Le territoire n’est pas sorti des émeutes de mai 2024. Elles ont fait 14 morts et causé plus de deux milliards d’euros de dégâts. La Nouvelle-Calédonie dispose pourtant d’une large autonomie. Mais elle ne peut plus emprunter auprès des banques ni sur les marchés, car la confiance s’est envolée. L’État est aujourd’hui le seul financeur. Une réunion s’est tenue entre le gouvernement calédonien et le représentant de l’État. Environ 432 millions d’euros sont prévus pour l’an prochain dans le cadre du plan de refondation lancé en mars. 141 millions ont déjà été versés. Une marge existe encore, sous forme de prêts garantis ou de subventions. Mais ces versements dépendent de réformes jugées crédibles pour réduire le déficit et redonner à la collectivité son autonomie financière d’ici à 2030.
L’État ne veut pas imposer le contenu de ces réformes. Il dit avoir confiance dans le nouveau gouvernement. Une mission transpartisane d’élus doit d’ailleurs se rendre à Paris avant la fin août. Dans ce nouvel exécutif, Milakulo Tukumuli garde les relations extérieures et la sécurité civile, et prend aussi les transports, la santé et la protection sociale. Le vice-président Christopher Gygès s’occupera de l’économie, de la fiscalité, des télécommunications et des douanes. Alcide Ponga, qui dirigeait le gouvernement précédent, hérite des mines et de l’énergie, deux secteurs stratégiques pour l’économie du Caillou. La route est étroite. Le temps, lui, presse.
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