Politique
Ingérences russes et plateformes toxiques, Glucksmann appelle l’Europe à serrer la vis
L’eurodéputé, ciblé par une opération de désinformation russe, demande aux autorités de sévir contre les réseaux sociaux qui ne respectent pas les règles…


L’eurodéputé, ciblé par une opération de désinformation russe, demande aux autorités de sévir contre les réseaux sociaux qui ne respectent pas les règles européennes. Il redoute que le scénario roumain se reproduise en France à huit mois de la présidentielle.
Il n’a pas la main qui tremble, et il le fait savoir. Visé ces derniers jours par une campagne de désinformation d’origine russe, Raphaël Glucksmann a demandé aux autorités françaises et européennes de riposter sans hésiter. L’opération a pris pour cible l’eurodéputé, mais aussi sa compagne Léa Salamé et le journaliste Edwy Plenel. Une vidéo truquée, avec une voix générée par intelligence artificielle, affirme que la présentatrice aurait tenté d’acheter des médias pour pousser la candidature de son mari. Un montage grossier, mais symptomatique des méthodes employées pour semer le trouble à huit mois de l’élection présidentielle.
L’eurodéputé ne s’arrête pas à la dénonciation. Il demande des actes. Les grandes plateformes américaines et chinoises, en particulier X et TikTok, doivent être obligées de respecter les règles européennes, et sanctionnées si elles ne le font pas. Pour lui, il ne faut pas trembler devant Elon Musk, ni devant le Parti communiste chinois. Il s’appuie sur un précédent qui l’inquiète. En Roumanie, le candidat d’extrême droite Calin Georgescu avait créé la surprise en arrivant en tête du premier tour de la présidentielle de 2024. Il a été accusé d’avoir profité d’un soutien illicite orchestré par Moscou, notamment sur TikTok. L’élection a fini par être annulée, le pro-européen Nicusor Dan l’emportant plus tard. Mais aucune sanction n’a été prise contre la plateforme. « Ce qui s’est passé en Roumanie peut tout à fait arriver en France », prévient Glucksmann.
Le probable candidat à l’Élysée en profite pour lancer un appel à la responsabilité de ses concurrents. Il pointe une séquence récente autour de Ceuta, l’enclave espagnole en Afrique du Nord. Face à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants, des dirigeants de droite et d’extrême droite ont réclamé l’exclusion immédiate de l’Espagne de l’espace Schengen. Or, rappelle-t-il, Ceuta ne partage aucune frontière terrestre avec un autre État membre de l’Union européenne. L’enclave fait bien partie de l’espace Schengen, mais des règles spécifiques encadrent les personnes qui la quittent. De quoi relativiser la panique sécuritaire, estime Glucksmann. Pour sa propre candidature, il maintient le suspense et annonce qu’il se prononcera à la fin de l’été sur une participation à la primaire du PS et de son mouvement Place publique.
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