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Lula défie la vieillesse et promet une dernière bataille pour le Brésil

À 80 ans, le président brésilien se lance dans la course pour un quatrième mandat, l’énergie toujours intacte. Face au clan Bolsonaro et aux pressions de…

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Lula défie la vieillesse et promet une dernière bataille pour le Brésil

À 80 ans, le président brésilien se lance dans la course pour un quatrième mandat, l’énergie toujours intacte. Face au clan Bolsonaro et aux pressions de Washington, il promet un dernier combat.

Il a marché sur scène en bras de chemise, coiffé de son panama, et il a lancé une promesse aux militants. Lula, 80 ans, ne veut pas s’arrêter. Le Parti des travailleurs l’a officiellement investi candidat à un quatrième mandat, devant 3 000 personnes réunies à São Paulo. « Je veux me battre contre la vieillesse », a lancé le président de sa voix éraillée, avant de raconter ses exercices physiques quotidiens. « Je ne veux pas marcher en traînant les pieds », a-t-il ajouté.

Pour expliquer cette nouvelle étape, Lula a sorti les plus grands noms du football. Messi et Cristiano Ronaldo ont disputé six Coupes du monde, lui en sera à sa septième. Une manière de dire que l’âge ne compte pas. Et il l’assure, ce sera la dernière. Après l’élection, il partira en vacances pour « roucouler » avec sa femme Janja, 59 ans, qui se tenait à ses côtés.

Dans la campagne, il va affronter Flavio Bolsonaro, sénateur de 45 ans et fils de l’ancien président d’extrême droite, actuellement détenu pour tentative de coup d’État. Le pays reste coupé en deux. En 2022, Lula n’avait gagné que d’un cheveu, et un récent sondage le donne toujours en tête avec 48 % des voix contre 43 % pour son rival. La polarisation est totale, et les héritiers Bolsonaro ne lâchent rien.

Le spectre de Donald Trump plane au-dessus de l’élection. Le président américain soutient la famille Bolsonaro et a déjà appuyé plusieurs candidats de droite en Amérique latine. Sur le plan commercial, Washington a frappé le Brésil avec des droits de douane à deux reprises, avant de les alléger après un fragile réchauffement entre Lula et Trump. Le Brésilien ne l’a pas attaqué directement. Mais il a fait de la « souveraineté » son étendard. Il a demandé plus de dépenses militaires et prévenu que ni les Chinois, ni les Américains, ni les Français ne mettraient la main sur les terres rares du pays.

Lula peut compter sur un bilan social solide. Ses politiques des années 2000 ont changé des vies, et une supportrice croisée à la convention raconte qu’aujourd’hui elle a sa propre maison grâce à lui. L’économie brésilienne affiche aussi une croissance vigoureuse et un emploi record. Pourtant, tout n’est pas si rose. Le coût de la vie pèse sur les familles, les comptes publics se dégradent, et la violence reste une préoccupation majeure.

La corruption, elle aussi, ne lâche pas Lula. Cette semaine, un de ses fils est visé par une enquête pour corruption et trafic d’influence. Lui-même avait passé 580 jours en prison en 2018 et 2019, avant que sa condamnation ne soit annulée pour des motifs de procédure et la partialité du juge. Les affaires restent un boulet dans une campagne qui s’annonce rude.

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