Faits Divers
Un jeune de 14 ans tue au moins cinq membres du personnel de son lycée en Thaïlande
Avant de retourner l’arme contre lui, l’adolescent avait déjà abattu ses grands-parents. Des élèves racontent la fuite, la peur et la colère face à la…


Avant de retourner l’arme contre lui, l’adolescent avait déjà abattu ses grands-parents. Des élèves racontent la fuite, la peur et la colère face à la facilité d’accès aux armes.
C’est une scène de chaos qui a bouleversé la province de Nonthaburi, au nord-ouest de Bangkok. Un adolescent de 14 ans, élève du lycée Debsirin Nonthaburi, est arrivé armé d’un pistolet dans son établissement public. Il a ouvert le feu sur des membres du personnel. Au moins cinq d’entre eux sont morts, parmi lesquels une professeure de mathématiques, une professeure de thaï, une conseillère d’orientation, une responsable des affaires étudiantes et une secrétaire. Avant cette attaque, le garçon avait tué ses grands-parents dans leur maison, située à une vingtaine de kilomètres, avec une arme qui appartenait à son grand-père. Il s’est ensuite donné la mort. Cet établissement compte parmi les écoles publiques les plus réputées de la province.
À l’extérieur du lycée, l’émotion est immense. Des élèves en uniforme pleurent en se serrant dans les bras, pendant que des secouristes s’occupent des blessés et que des parents cherchent leurs enfants. Thatchai Jaiyen, 16 ans, n’arrive pas à réaliser qu’une de ses anciennes enseignantes est morte. « C’était une personne tellement gentille », dit-il. Il pensait qu’elle aurait pu raisonner le tireur si elle l’avait croisé. « Je ne m’attendais pas du tout à ce que cet enfant lui tire dessus », ajoute-t-il d’une voix éteinte. Un autre élève de terminale, Pakonkiat Sangchan, étudiait quand un ami l’a alerté. « Mon ami m’a suggéré de courir, alors c’est ce que nous avons fait », raconte-t-il. « Je n’arrive pas à y croire. »
Le profil du suspect interroge. Le Premier ministre Anutin Charnvirakul a expliqué que la grand-mère du garçon, ancienne enseignante, était très stricte avec lui sur ses études. Pour Purin Khumchoo, 17 ans, qui a échappé de justesse aux balles, le tireur était « un enfant perturbé ». Des amis communs le décrivaient comme intéressé par le FBI et par les armes, et victime de harcèlement de la part d’autres élèves. « Quand je l’ai vu pointer son arme vers moi, j’ai pensé qu’il avait l’air très professionnel, comme s’il avait été entraîné depuis longtemps », raconte le jeune homme, déprimé et attristé pour ses enseignants. « Les deux professeurs qui ont été tués étaient adorables », assure-t-il.
Dans une salle d’informatique, Pawarisa Maylissa a vécu des minutes de terreur. Son professeur a fermé la porte de l’intérieur et tout le monde s’est caché entre les tables. Peu après, plusieurs coups de feu ont été entendus. « Je n’arrive pas à croire qu’un adolescent comme lui ait pu avoir accès à une arme à feu », s’interroge la lycéenne, qui craint que d’autres élèves puissent en posséder aussi. Sa crainte n’a rien d’anodin. La Thaïlande affiche l’un des taux de possession d’armes à feu les plus élevés de la région, et les promesses de durcir la législation n’ont pas empêché les fusillades de se multiplier.
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