Société
Un drone à l’IA veille sur les baigneurs de Valras-Plage
Sur la côte méditerranéenne, un drone doté d’intelligence artificielle expérimente la détection des noyades. Objectif épauler les maîtres-nageurs et…


Sur la côte méditerranéenne, un drone doté d’intelligence artificielle expérimente la détection des noyades. Objectif épauler les maîtres-nageurs et sécuriser les plages même sans surveillance.
Sur la plage de Valras-Plage, dans l’Hérault, un drone bourdonne au-dessus de l’eau. Depuis ses haut-parleurs, une voix prévient que si quelqu’un se noie, une bouée va être larguée. Cet engin guidé par une intelligence artificielle est en test sur le littoral méditerranéen. Il arrive à un moment critique. Depuis mai, trois vagues de chaleur se sont succédé en France. Elles ont fait grimper le nombre de noyades. En deux mois et demi, 274 personnes sont mortes en mer, en rivière ou dans une piscine privée. Et les noyades non mortelles laissent parfois de lourdes séquelles.
Le dispositif imaginé par la société Instadrone ressemble à une grosse boîte métallique. À l’intérieur, un drone attend, prêt à décoller à tout moment, de jour comme de nuit. Sa caméra thermique lui permet de repérer un corps dans l’eau même quand la lumière manque. En mode patrouille, il survole les 2,5 kilomètres de plage en longeant les brise-lames, sans passer au-dessus des baigneurs. Ses caméras regardent vers la mer, pas vers le sable, pour préserver la vie privée des vacanciers. S’il détecte un comportement étrange, par exemple quelqu’un qui fait le bouchon, il s’approche et diffuse un message audio pour prévenir qu’un secouriste arrive. En attendant, il peut larguer une bouée qui se gonfle automatiquement au contact de l’eau.
Le drone peut aussi être piloté par un maître-nageur. Si un baigneur est signalé en difficulté, le sauveteur prend les commandes et envoie l’engin sur zone pour évaluer la situation. La nuit, un numéro d’urgence permet de faire décoller l’appareil immédiatement et de rechercher la position d’une personne. Cédric Botella, fondateur d’Instadrone et ancien officier de police judiciaire, veut aller plus loin que ce qui se fait déjà dans les Landes. Car larguer une bouée avec un drone, cela existe depuis cinq ans. Mais en mode piloté. Lui apporte l’automatisation complète. Les tests sont soutenus par l’agglomération de Béziers et la station de Valras. Les autorisations pourraient tomber d’ici un mois, avec une mise en service complète pour l’été 2027. Le coût pour une collectivité serait d’environ 2 000 euros, et le chef d’entreprise espère équiper un maximum de communes.
Du côté de la mairie, on croit au projet. Le maire de Valras-Plage, Daniel Ballester, assure que la vie n’a pas de prix. Il voit ce drone comme un outil complémentaire, pas comme un remplaçant des sauveteurs. Selon lui, cela ouvre de nouvelles façons d’être opérationnel, surtout aux heures où les plages ne sont pas surveillées. En mai, la première vague de chaleur est arrivée très tôt. Les plages méditerranéennes et atlantiques ont vu affluer les visiteurs alors qu’aucun maître-nageur n’était en poste. Un défi de sécurité que ce type de technologie pourrait aider à relever.
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