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Pause gourmande pour les pompiers de Gironde

En pleine lutte contre un incendie dévastateur, les sapeurs-pompiers de Gironde s’offrent une halte bien méritée autour d’huîtres et de crêpes. Des…

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Pause gourmande pour les pompiers de Gironde

En pleine lutte contre un incendie dévastateur, les sapeurs-pompiers de Gironde s’offrent une halte bien méritée autour d’huîtres et de crêpes. Des bénévoles se démènent pour leur donner du réconfort et des forces dans un moment hors norme.

Le feu qui ravage la Gironde depuis le 22 juillet a déjà détruit plus de 42 000 hectares et forcé 224 000 personnes à quitter leur maison. C’est l’incendie le plus violent qu’ait connu la France depuis 1949. Dans ce chaos, les pompiers restent en première ligne, épuisés mais déterminés. Pourtant, ils ne luttent pas seuls. Autour de Lanton, un poste de repos improvisé accueille les soldats du feu le temps d’une pause. Là, des bénévoles leur servent des produits du terroir avec une générosité sans faille. Des huîtres, des crevettes, des crêpes généreusement garnies et bien d’autres mets leur permettent de souffler et de reprendre des forces.

Cette solidarité ne doit rien au hasard. Les liens sont forts entre les pompiers et ceux qui vivent de la terre et de la mer. Un restaurateur local a offert 100 kilos de crevettes qui auraient fini à la poubelle sans cela. Les ostréiculteurs, les chasseurs et les agriculteurs ont tous apporté leur pierre à l’édifice, comme l’explique Florian Gazeau, un bénévole de 32 ans. Sa mère Béatrice, elle, enchaîne les crêpes à la pâte à tartiner pour redonner de l’énergie à ceux qui passent leurs journées sous une chaleur écrasante. Les restaurants fermés à cause du mégafeu ont aussi participé en fournissant une partie des ingrédients. Un traiteur, Jean-Pierre, remue une immense casserole de ratatouille tandis qu’à côté, un autre bénévole découpe un carpaccio de bœuf d’un rouge éclatant.

Près de 3 300 pompiers sont ainsi nourris chaque jour grâce à cette chaîne de générosité qui traverse le département. Dans des dizaines de communes, les cantines de fortune s’installent là où on peut. Au poste de commandement central de Lège-Cap-Ferret, c’est un gymnase qui fait office de cuisine. Anne-Marie et son équipe se relaient 24 heures sur 24 pour accueillir les pompiers. Sur les grandes tables, les fromages artisanaux côtoient les madeleines et les beignets glacés. Les pompiers ne cachent pas leur émotion. Pour Cyril Venière, ces dons sont un vrai soutien moral et physique. Tout son camion est rempli de gâteaux et de compotes. Son collègue Teddy Rousselet sourit en disant que les gens seraient prêts à donner leur maison.

Derrière ces repas, il y a d’abord une immense gratitude. Manu Goncalves, venu du Porge, une commune où de nombreux bâtiments sont partis en fumée, distribue du poulet rôti et les courgettes de ses voisins. Il est là avec son fils et sa nièce, prêt à rester jusqu’à l’extinction des flammes. Car le danger est partout. À Mérignac, deux sapeurs-pompiers ont perdu la vie en intervention le 21 juillet, à la veille du départ de ce gigantesque incendie. Un rappel douloureux que derrière chaque assiette servie, il y a un combat acharné et des vies en jeu.

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