Nous rejoindre sur les réseaux

Planète

Six siècles de vendanges révèlent la nouvelle ère climatique

Une étude unique basée sur plus de 670 ans d’archives viticoles à Beaune montre à quel point le réchauffement a bouleversé le calendrier des récoltes. Les…

Article

le

Six siècles de vendanges révèlent la nouvelle ère climatique

Une étude unique basée sur plus de 670 ans d’archives viticoles à Beaune montre à quel point le réchauffement a bouleversé le calendrier des récoltes. Les années extrêmes, autrefois rarissimes, reviennent désormais à un rythme effréné.

Une équipe de chercheurs a réuni les dates de vendanges de Beaune, de 1354 à nos jours. C’est la plus longue série jamais compilée sur le sujet. Ces archives racontent plus de six siècles d’une histoire étroitement liée au climat. Et le constat est limpide. Jusqu’en 1719, une année de chaleur extrême, synonyme de récolte très précoce, survenait tous les dix-sept ans en moyenne. Entre 1720 et 1987, l’intervalle s’allonge à cinquante-trois ans. Les extrêmes deviennent alors rares, presque anecdotiques. Mais depuis 1988, le rythme s’emballe. Cinq ans en moyenne, puis environ une année extrême tous les deux ans et demi depuis le début du XXIe siècle.

L’année 1988 apparaît comme un vrai tournant. Parmi les dix années les plus chaudes depuis 1354, quatre appartiennent à notre époque, avec 2003, 2018, 2020 et 2025. Il faudra probablement y ajouter 2026, puisque les vendanges du crémant ont déjà débuté samedi, un record absolu. À Beaune, les premières grappes destinées aux vins tranquilles seront coupées entre le 20 et le 25 août, selon les prévisions les plus courantes. Le record historique de précocité, établi un 15 août 1556, résistera donc sans doute encore une fois.

Pendant six siècles, la récolte à Beaune s’est tenue autour du 27 septembre. Une stabilité remarquable. En 2019, la moyenne sur onze ans atteignait déjà le 6 septembre, soit trois semaines plus tôt. Autrement dit, l’exceptionnel est devenu la réalité quotidienne. Les températures en sont la cause principale, pour environ 80%, avec un effet bien mesuré. Chaque degré supplémentaire avance la date des vendanges d’une dizaine de jours, et 1,5 degré supplémentaire les décale de quinze jours.

Ces chiffres ne surprennent pas les viticulteurs, qui s’adaptent à un calendrier bouleversé. Mais ils offrent une preuve concrète du réchauffement rapide de la planète depuis la fin des années 1980. En regardant les vendanges passées, on ne lit pas seulement l’histoire du vin, mais aussi celle d’un climat qui change sous nos yeux.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus