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Zapatero, l’icône socialiste espagnole rattrapée par la justice

Il était adulé par son camp, considéré comme un porte-bonheur électoral et un modèle de vertu réformatrice. Mais José Luis Rodríguez Zapatero vient de…

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Zapatero, l'icône socialiste espagnole rattrapée par la justice

Il était adulé par son camp, considéré comme un porte-bonheur électoral et un modèle de vertu réformatrice. Mais José Luis Rodríguez Zapatero vient de vivre une chute vertigineuse: inculpé pour trafic d’influence et visé par une enquête pour fraude fiscale, il est le premier ex-chef du gouvernement espagnol à se retrouver devant la justice.

Jusqu’à il y a quelques semaines, l’ancien Premier ministre espagnol était encore un atout de poids pour le Parti socialiste. Il partageait l’affiche avec Pedro Sánchez, donnait de l’énergie aux meetings et ses discours faisaient vibrer les militants. Lors des dernières élections régionales en Andalousie, la candidate socialiste María Jesús Montero le décrivait comme un « talisman », un « homme bon », un « modèle ». Mais ce temps semble révolu. Aujourd’hui, cet ancien professeur de droit constitutionnel de 65 ans est soupçonné d’avoir usé de son influence pour faciliter le sauvetage public d’une petite compagnie aérienne pendant la pandémie de Covid-19. Et ce n’est pas tout : lors d’une perquisition, la découverte de bijoux d’une valeur de 1,3 million d’euros dans un coffre de son bureau lui a valu d’être également poursuivi pour fraude fiscale.

Son aura reposait pourtant sur un bilan social solide. Arrivé au pouvoir en 2004, Zapatero a marqué l’Espagne de ses réformes progressistes. Il a légalisé le mariage homosexuel, libéralisé l’avortement, créé une loi sur la dépendance et lancé une politique de mémoire historique en hommage aux victimes du franquisme. Parmi elles, son propre grand-père, fusillé en 1936. C’est aussi sous son mandat que l’organisation basque ETA a annoncé la fin de ses activités, après près de 900 morts. Et c’est lui qui a retiré les troupes espagnoles de la guerre en Irak, une décision que l’opinion publique réclamait. Pourtant, son accession au pouvoir tient à un scénario imprévu : les attentats djihadistes du 11 mars 2004 à Madrid, qui ont fait 192 morts dans des trains de banlieue, ont bousculé les pronostics et offert la victoire aux socialistes alors que les conservateurs semblaient favoris.

Surnommé « Bambi » par ses adversaires, Zapatero a toujours cultivé une image d’homme affable et modéré. Lui-même assume ce surnom, le rattachant au film préféré de sa fille aînée, et rejette l’étiquette de naïveté. Mais son mandat n’a pas été un long fleuve tranquille. La crise financière de 2008 l’a contraint à imposer des mesures d’austérité sévères pour éviter une intervention des institutions internationales. Accusé d’avoir réagi trop tard, il a vu sa popularité s’éroder. En novembre 2011, il a convoqué des élections anticipées auxquelles il ne s’est pas présenté. Le Parti socialiste en est sorti laminé et n’a retrouvé le pouvoir qu’en 2018, porté par Pedro Sánchez. Aujourd’hui, la chute judiciaire de celui qui fut une figure morale de la gauche espagnole laisse son camp en état de choc.

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