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Relaxe d’un animateur à Paris la colère des parents ne retombe pas

Le tribunal a jugé son comportement inapproprié mais pas criminel. Les familles crient à l’injustice et réclament un appel.

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Relaxe d'un animateur à Paris la colère des parents ne retombe pas

Le tribunal a jugé son comportement inapproprié mais pas criminel. Les familles crient à l’injustice et réclament un appel.

C’est une décision qui laisse un goût amer. Mardi, un animateur de périscolaire a été relaxé par le tribunal correctionnel de Paris. Le premier à être jugé dans la série d’accusations d’agressions sexuelles qui secoue la capitale depuis des mois. Pourtant, les faits rapportés par les enfants donnent froid dans le dos. Surnoms comme « mon bébé d’amour » ou « la délicieuse », câlins imposés, histoires de viol racontées, une fillette prise sur les genoux, une autre touchée à la poitrine. « Je te ferais des bisous partout si je pouvais », avait lancé l’homme de 40 ans à une élève. Mais pour les magistrats, tout cela ne constituait pas une infraction pénale. Le comportement était certes « inapproprié », « en décalage avec le positionnement attendu », mais pas humiliant ou dégradant au sens de la loi. Le tribunal a aussi estimé que les troubles psychologiques signalés chez certains enfants pouvaient venir du retentissement donné à l’affaire plutôt que des actes de l’animateur.

Les parents, eux, ne décolèrent pas. Me Julie Chalumeau, avocate de cinq familles, parle d’une « incompréhension totale ». Pour elle, les éléments du dossier montraient bien que le comportement allait bien au-delà d’une simple maladresse. Pénélope Ponchelet, mère d’une des victimes, dénonce « la lâcheté systémique des institutions et l’indulgence coupable des tribunaux ». Lors de l’audience à huis clos du 5 mai, le parquet avait pourtant requis 18 mois de prison avec sursis. Mais le tribunal a estimé que l’animateur méritait surtout des rappels à l’ordre et une formation. Suspendu depuis octobre 2024 et placé sous contrôle judiciaire, Nicolas G. ressort libre. La porte-parole du collectif MeetooEcole, Barka Zerouali, compare cette relaxe à « une gifle pour les familles ». Elle ajoute que la justice n’a pas effacé l’incapacité des institutions à protéger les enfants avant qu’un dossier n’arrive au tribunal.

Cette affaire est la première d’une série. Le tribunal doit se prononcer le 7 juillet sur un autre animateur accusé d’agressions sexuelles. Le parquet a réclamé un an sous bracelet électronique lors de l’audience du 26 mai. En parallèle, le scandale prend une ampleur politique. Emmanuel Grégoire, nouveau maire de Paris, a déploré le caractère « systémique » des violences alléguées. Il a lancé en avril un plan d’action de 20 millions d’euros pour le périscolaire, sa « priorité absolue ». Mais les 14 000 animateurs de la ville appellent à manifester mardi. Ils réclament des centaines de recrutements dans un secteur en sous-effectif chronique. Et ils dénoncent un « climat de suspicion généralisée » lié à ces accusations. Une colère qui n’épargne ni la justice ni l’école.

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