Politique
Des deepfakes visaient Gabriel Attal, il porte plainte pour ingérence russe
Le candidat à la présidentielle et patron de Renaissance a saisi la justice après avoir été la cible de campagnes de désinformation venues de Russie.…


Le candidat à la présidentielle et patron de Renaissance a saisi la justice après avoir été la cible de campagnes de désinformation venues de Russie. Vidéos truquées, fausses unes et comptes usurpés, tout était fait pour le discréditer avant le scrutin.
Gabriel Attal a déposé plainte vendredi soir à Paris, avec ses avocats Sacha Ghozlan et Lucas Veil. Il dénonce des faits d’ingérence étrangère, de manipulation de l’information et de fabrication de contenus truqués, susceptibles de porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation et à la sincérité du vote à venir. Les services de l’État l’avaient alerté dès mercredi sur une première opération d’ingérence numérique venue de Russie, puis de nouveau jeudi pour une seconde vague.
Les avocats ont recensé sur les réseaux et les plateformes une série de contenus trompeurs. Des deepfakes, de faux reportages vidéo, des fausses unes de journaux, mais aussi des imitations de logos et de chartes graphiques de médias français et internationaux. Des comptes X usurpaient l’identité de grandes rédactions pour faire passer ces faussetés. L’opération allait plus loin encore, avec des éléments conçus pour faire croire que Gabriel Attal avait lui-même orchestré la désinformation qui le visait. Le but était clair, le discréditer comme candidat en lui prêtant, ainsi qu’à ses proches, des propos et des positions inventés.
Cette plainte arrive dans un climat tendu pour la campagne présidentielle. En quelques jours, trois candidats déclarés ou pressentis ont été visés par des opérations attribuées à des réseaux prorusses. Édouard Philippe a été calomnié sur son état de santé, Raphaël Glucksmann à travers sa compagne Léa Salamé, accusée à tort d’avoir acheté la faveur des médias, et Gabriel Attal a été présenté comme potentiellement atteint de la maladie de Parkinson. Ces opérations sont restées peu visibles, mais elles constituent une première depuis le début de la campagne. Une enquête a d’ailleurs été ouverte autour de la désinformation visant Glucksmann.
Les réactions politiques ne se sont pas fait attendre. Sébastien Lecornu a rappelé qu’un projet de loi durcissant les peines contre la diffusion de fausses informations avait été présenté fin juillet. Jean-Luc Mélenchon a déploré que la présidentielle soit devenue un espace libre pour tous les manipulateurs du monde. À gauche, plusieurs voix réclament des mesures plus fermes contre les plateformes étrangères comme X ou TikTok. Marine Tondelier propose même de suspendre certains réseaux pendant la campagne en cas d’ingérences constatées. Une idée qui a valu à la patronne des Écologistes d’être prise pour cible par Elon Musk, le milliardaire l’accusant de trahison envers la France et réclamant de la faire taire.
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