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Double oui de l’Unesco pour la France, du Débarquement aux citadelles du Sud

L’Unesco a validé le classement de deux ensembles français majeurs. Les plages du Débarquement et les citadelles du Languedoc entrent dans le patrimoine…

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Double oui de l'Unesco pour la France, du Débarquement aux citadelles du Sud

L’Unesco a validé le classement de deux ensembles français majeurs. Les plages du Débarquement et les citadelles du Languedoc entrent dans le patrimoine mondial.

La session de l’Unesco à Busan, en Corée du Sud, restera gravée dans les mémoires françaises. Deux ensembles emblématiques viennent d’obtenir leur inscription au patrimoine mondial. D’un côté, les plages du Débarquement allié en Normandie. De l’autre, les forteresses royales du Languedoc, longtemps appelées châteaux cathares. Une double reconnaissance qui touche aussi bien le devoir de mémoire que l’histoire médiévale.

En Normandie, ce sont plus de 80 kilomètres de côtes qui sont concernés. Les plages Utah, Omaha, Gold, Juno et Sword, théâtres du 6 juin 1944, figurent bien sûr dans le périmètre. Mais pas seulement. La Pointe du Hoc, la batterie allemande de Longues-sur-Mer et le port artificiel d’Arromanches, ce fameux port Mulberry composé de caissons en béton fabriqués en Angleterre, sont aussi inscrits. De nombreux cimetières militaires et monuments commémoratifs accompagnent ces lieux chargés d’histoire. L’Unesco souligne que ce Débarquement a joué un rôle décisif dans la libération de l’Europe occidentale de l’occupation nazie, et que ces plages symbolisent l’immense sacrifice humain consenti pour renverser un pouvoir autoritaire bien installé.

Côté Normandie, la joie est immense. Le président de la Région Normandie, Hervé Morin, était à Busan pour défendre ce dossier lancé en 2006. Il a confié son soulagement, avouant qu’il n’y croyait plus. Selon lui, aucun label n’est plus prestigieux que celui-ci. Il espère même une hausse de 20% de la fréquentation touristique sur ces sites de mémoire. La ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo, a parlé d’une immense fierté pour la Normandie et pour la France.

Dans le Sud, le classement concerne huit forteresses souvent perchées sur des pitons rocheux escarpés. Montségur, Peyrepertuse, Quéribus et leurs voisines ont été édifiées après la croisade contre les Albigeois, lorsqu’une partie du Languedoc est tombée dans le domaine royal. Plusieurs de ces lieux avaient auparavant servi de refuge aux Cathares, accusés d’hérésie. Le roi de France voulait surveiller une population jugée dissidente et garder un œil sur le royaume d’Aragon, situé à quelques kilomètres à peine. Un sénéchal installé à Carcassonne administrait l’ensemble. Le château et les remparts de Carcassonne, déjà classés en 1997, font désormais partie des huit monuments retenus. L’Unesco salue une adaptation exceptionnelle de l’architecture militaire aux contraintes du terrain.

Le changement de nom, lui, ne passe pas partout. L’ancien terme châteaux cathares a marqué les esprits, et son effacement a ému de nombreuses personnes. Une pétition contre cette nouvelle dénomination a recueilli près de 9 400 signatures. Fabrice Chambon, guide-conférencier à Montségur, rappelle que plus de 200 personnes ont péri sur ce site en 1244, avant même la construction de la forteresse actuelle. Pour la présidente du département de l’Aude, Hélène Sandragné, cette distinction constitue en revanche un levier pour le développement touristique et économique. Elle y voit un atout pour la préservation et la restauration des citadelles, et même un nouvel élan pour le Languedoc. La ministre de la Culture Catherine Pégard a également réagi en soulignant que la France compte désormais 56 biens classés à l’Unesco, une fierté mais aussi une responsabilité.

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