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Cancer du sein inflammatoire, l’espoir d’une reconstruction immédiate

Des femmes atteintes d’un cancer du sein agressif attendent parfois 18 mois pour une reconstruction mammaire. Une vaste étude française veut rendre…

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Cancer du sein inflammatoire, l'espoir d'une reconstruction immédiate

Des femmes atteintes d’un cancer du sein agressif attendent parfois 18 mois pour une reconstruction mammaire. Une vaste étude française veut rendre possible une reconstruction immédiate, le jour de la mastectomie.

Elodie a 45 ans. En mars 2024, elle a subi l’ablation totale d’un sein après un diagnostic de cancer du sein inflammatoire. Pour la reconstruction, elle a dû attendre dix-huit mois. Une attente marquée par la difficulté à se regarder dans les miroirs. Elle raconte avoir perdu une part de sa féminité et devoir, encore aujourd’hui, se réapproprier son corps opération après opération.

Pour beaucoup de cancers du sein, la reconstruction immédiate existe déjà. Mais pour la forme inflammatoire, elle était jusqu’ici exclue. Une chirurgienne de Toulouse, Charlotte Vaysse, mène une vaste étude dans 18 centres hospitaliers français pour changer cela. L’objectif est simple. Au lieu de se réveiller avec une poitrine plate après l’ablation, les patientes se réveilleraient avec un volume déjà en place. L’étude suit 163 femmes atteintes de ce cancer rare, soit 2 à 4 % des cancers du sein, et doit durer trois ans.

Pourquoi une telle différence ? Parce que ce cancer rend la peau rouge et enflée. Les médecins considéraient donc cette peau comme malade et impossible à conserver. D’où l’attente d’un à deux ans avant toute reconstruction. Mais les traitements ont changé la donne. Quand la chimiothérapie fonctionne bien, la peau redevient saine. Alors, à quoi bon imposer cette longue attente, demande la chirurgienne.

La reconstruction immédiate aurait aussi un vrai effet sur le mental. Une image positive de soi améliore l’estime de soi, la vie sociale et intime, et donne même plus d’énergie pour affronter la maladie. Une patiente de 37 ans, qui a pu en bénéficier, raconte avoir pleuré pendant 48 heures quand elle a cru devoir y renoncer. La peur de perdre une partie de soi, dit-elle, était une épreuve terrible. Pour Elodie, la reconstruction est finalement arrivée, mais après des mois et plusieurs interventions. L’étude en cours pourrait épargner cette attente aux femmes qui viendront après elle.

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