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Tests antidrogues obligatoires au sommet de l’État : la méthode Lecornu fait débat
Le Premier ministre impose des dépistages surprise de stupéfiants à ses ministres et aux hauts fonctionnaires. Une mesure qui divise entre volonté…


Le Premier ministre impose des dépistages surprise de stupéfiants à ses ministres et aux hauts fonctionnaires. Une mesure qui divise entre volonté d’exemplarité et sentiment d’infantilisation.
Sébastien Lecornu a signé une circulaire qui secoue les couloirs des administrations. Désormais, ministres, préfets, ambassadeurs, recteurs et agents ayant accès à des informations sensibles devront se soumettre à des tests salivaires inopinés. Le chef du gouvernement a donné l’exemple en se faisant tester lui-même il y a deux semaines, tout comme ses équipes. Objectif affiché prévenir les risques d’ingérence et de pression de la part de réseaux criminels. Car selon Matignon, la consommation de drogue dans la haute fonction publique crée une vulnérabilité que des puissances étrangères ou des narcotrafiquants pourraient exploiter.
Cette décision fait suite à un incident révélé en début d’année par la presse un conseiller de Matignon, déjà en poste avant l’arrivée de Lecornu, avait dû être exfiltré du cabinet en décembre 2025 pour consommation de stupéfiants. Un cas qui a servi de déclencheur. Dans l’entourage du Premier ministre, on insiste sur une logique d’exemplarité et de sécurité proportionnée aux responsabilités. La circulaire s’inscrit aussi dans la volonté affichée par Emmanuel Macron de durcir la lutte contre le narcotrafic, après l’assassinat à Marseille d’un militant engagé sur ce sujet.
Mais dans les cabinets, les réactions sont vives. Certains conseillers jugent la mesure infantilisante et remettent en question sa légalité. L’un d’eux, sous couvert d’anonymat, dénonce une instauration de la défiance alors que le rythme de travail est déjà exténuant. Un autre, au contraire, salue une initiative habile qui montre que la complaisance n’est plus de mise. Il y voit aussi une manière de répondre au discours de l’extrême droite sur le système et les élites. Reste que cette nouvelle contrainte arrive après une demande de réduction des dépenses, ce qui ajoute à la lassitude.
Les syndicats se montrent réservés. La CFDT Fonction publique rappelle qu’il s’agit d’un problème de santé publique, pas spécifique à la haute administration, et s’interroge sur la faisabilité des tests. La CGT préfère recentrer le débat sur les salaires et les conditions de travail. Concrètement, les ministères doivent remettre avant le 26 juin leur plan d’action. Au Quai d’Orsay, une réunion est prévue pour appliquer la mesure à environ 300 personnes, dont près de 200 ambassadeurs. En cas de test positif, les agents pourront être orientés vers des soins, mais aussi faire l’objet de sanctions disciplinaires. Des contre-expertises et une protection des données sont prévues. La machine se met en marche, mais le malaise reste palpable.
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