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Patrick Pouyanné défend sa fiscalité et menace de supprimer le plafonnement des carburants
Auditionné pendant plus de deux heures à l’Assemblée nationale, le PDG de TotalEnergies a tenté de déminer les critiques sur sa faible imposition en…


Auditionné pendant plus de deux heures à l’Assemblée nationale, le PDG de TotalEnergies a tenté de déminer les critiques sur sa faible imposition en France. Il assure que le plafonnement du prix à la pompe est un effort suffisant et prévient qu’il le retirera en cas de nouvelle taxe sur les superprofits.
Face aux députés de la commission des Finances, Patrick Pouyanné a joué la franchise. Depuis le début de la guerre en Ukraine, c’est la douzième fois qu’il est entendu par les parlementaires. Et les questions sont toujours les mêmes. Pourquoi TotalEnergies paie-t-il si peu d’impôt sur les sociétés en France alors que ses bénéfices mondiaux explosent avec la flambée des prix du pétrole et du gaz. Le conflit au Moyen-Orient a encore relancé le débat sur la taxation des superprofits. Le patron du groupe a répondu pendant deux heures, parfois dans des échanges tendus avec le président de la commission, Éric Coquerel.
Sa défense tient en un mot. Une « fable », lâche-t-il quand on parle d’optimisation fiscale. Il explique que les profits de TotalEnergies sont réalisés là où il extrait les hydrocarbures, pas en France. Dans les pays producteurs, le taux d’impôt sur les sociétés atteint 50 à 80 %. En France, le raffinage et la pétrochimie sont « relativement peu rentables ». Résultat le groupe paie peu ou pas d’impôt sur les sociétés dans l’Hexagone certaines années. Patrick Pouyanné ironise. Si TotalEnergies voulait vraiment faire de l’optimisation, il rapatrierait ses profits en France où le taux est de 25 %, bien plus bas que dans les pays où il opère. Depuis 2022, le groupe a versé 100 milliards de dollars d’impôts et taxes dans le monde, avec un taux moyen de 43 %.
Sur la question des superprofits, le PDG met en avant une mesure concrète. Depuis le début de la guerre, TotalEnergies a plafonné le prix des carburants à la pompe. Un effort inédit pour une entreprise pétrolière, souligne-t-il. Ce plafond a coûté environ 200 millions d’euros au groupe. Et il est même inférieur au prix de revient. Patrick Pouyanné estime que cette contribution volontaire suffit. Il menace de la retirer si l’État décide d’instaurer une taxation supplémentaire. « On ne peut pas vouloir nous prendre deux fois le même argent », a-t-il lancé aux députés. La gauche réclame pourtant une surtaxe sur ces bénéfices exceptionnels liés à la guerre. Le débat est loin d’être clos.
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