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Silence radio à la SNCF après une grève très suivie

Mercredi, les quais étaient vides et les trains rares. Mais la direction n’a pas pipé mot, laissant les syndicats sur leur faim.

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Silence radio à la SNCF après une grève très suivie

Mercredi, les quais étaient vides et les trains rares. Mais la direction n’a pas pipé mot, laissant les syndicats sur leur faim.

Les cheminots ont montré leur force. Mercredi, ils ont massivement débrayé pour s’opposer à la filialisation du groupe et réclamer des hausses de salaires. Résultat, un trafic fortement perturbé sur l’ensemble du réseau, des TGV aux trains du quotidien. Mais au soir de cette mobilisation, pas un mot de la direction. La SNCF a refusé de commenter l’ampleur du mouvement ou la suite de la réorganisation en cours. Seule réponse, un rendez-vous déjà fixé au 23 juin pour une table ronde. Trop tard pour les syndicats, qui exigeaient des négociations immédiates dès mercredi.

Côté chiffres, la CGT annonce près d’un cheminot sur deux en grève. Dans certaines filiales, la participation monte à 70 voire 80 pour cent. Des conducteurs de tram, des agents en Paca, en Île-de-France, tous ont répondu présent. Les syndicats doivent se réunir jeudi pour décider de la suite. Ils ne comptent pas lâcher. Pour eux, le silence de la direction est un mauvais signe. Ils comparent cette transformation à celle qu’a connue France Telecom il y a quelques années, avec des conséquences graves. Depuis début 2026, treize suicides sont déplorés et le nombre d’accidents du travail a augmenté. La SNCF assure être à l’écoute, mais précise qu’aucun salarié concerné par les changements n’est encore passé dans une filiale ouverte à la concurrence.

Les voyageurs, eux, ont subi des annulations en cascade. Un TGV sur trois supprimé, un Intercités sur deux. Les lignes internationales vers Bruxelles, Amsterdam ou Londres ont aussi été touchées. Beaucoup avaient été prévenus à l’avance et ont pu changer leurs billets. Dans les gares, les avis divergent. Certains comprennent la colère des cheminots, comme Bernard, un retraité marseillais, qui voit le service public ferroviaire s’effondrer. D’autres, comme Nathalie à Lille, espèrent que la concurrence améliorera les choses, après trente ans de dégradation. Au cœur du conflit, la création de filiales pour répondre aux appels d’offres des régions. Les syndicats dénoncent des gains de productivité sur le dos des salariés, tandis que la direction parle d’une transformation interne majeure. Vingt-sept mille cheminots sont potentiellement concernés par ces transferts dans des petites structures. Le dialogue est au point mort, mais la pression monte.

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