Monde
Netanyahu et Trump à Washington pour un exercice d’équilibriste
Pour la première fois depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, les deux alliés se retrouvent mardi à la Maison-Blanche. Objectif affiché remettre de…


Pour la première fois depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, les deux alliés se retrouvent mardi à la Maison-Blanche. Objectif affiché remettre de l’ordre dans une relation ébranlée par des tensions récentes et des divergences tactiques.
Le rendez-vous est attendu, presque un test. Benjamin Netanyahu s’envole pour Washington avec une double étiquette celle d’un allié historique et celle d’un partenaire qui a froissé Donald Trump. En avril dernier, le président américain l’avait traité de « type très difficile » lors des négociations sur un cessez-le-feu avec Téhéran. Aujourd’hui, les deux hommes doivent montrer qu’ils parlent toujours la même langue. Avant de quitter Israël, Netanyahu a lui-même parlé de « grand privilège » et de « grande responsabilité ». Il a insisté sur l’Iran, qualifié d’objectif numéro un pour la sécurité d’Israël, tout en évoquant l’élargissement du « cercle de la paix ». De son côté, Trump veut redonner une chance à la diplomatie après deux semaines de bombardements intenses. Sur le fond, les deux dirigeants partagent les mêmes finalités. Mais les méthodes, elles, divergent.
Au cœur des discussions, plusieurs dossiers brûlants. L’Iran bien sûr, mais aussi la mise en œuvre de l’accord-cadre entre Israël et le Liban, dont l’application reste chaotique. Dimanche encore, l’armée libanaise a dénoncé les opérations israéliennes dans le sud du pays, où Tsahal occupe toujours une bande de territoire pour neutraliser le Hezbollah. Gaza n’est pas en reste la reconstruction du territoire est au point mort, la situation humanitaire reste catastrophique et les cessez-le-feu peinent à tenir. Des Palestiniens continuent d’être tués malgré la trêve d’octobre 2025. Pour les observateurs, cette rencontre vise surtout à dissiper tout soupçon de rupture. Un expert de l’Université hébraïque de Jérusalem le résume ainsi il s’agit de montrer au monde, à l’Iran et au Liban que les États-Unis et Israël restent soudés. Les éventuels désaccords portent davantage sur le calendrier et l’intensité des opérations que sur les objectifs stratégiques.
Netanyahu arrive aussi fragilisé sur le plan intérieur. Il brigue un nouveau mandat lors des législatives du 27 octobre, mais les sondages lui sont défavorables. Une partie de l’opinion israélienne ne lui a toujours pas pardonné l’échec du 7 octobre 2023, l’attaque du Hamas qui a déclenché la guerre à Gaza. Dans ce contexte, Trump devrait insister sur ses deux priorités régionales l’Iran et l’élargissement des accords d’Abraham. Certains médias israéliens évoquent aussi l’autorisation donnée par le cabinet de sécurité à une force internationale de stabilisation à Gaza, un geste adressé à Washington. La rencontre doit donc à la fois recoller les morceaux diplomatiques et redorer l’image d’un Premier ministre sous pression.
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