Faits Divers
L’eau des champs contre les flammes la mobilisation des agriculteurs en Gironde
Le feu géant qui ravage la Gironde depuis six jours est temporairement calmé mais des fumerolles s’échappent encore des parcelles calcinées. Pour aider…


Le feu géant qui ravage la Gironde depuis six jours est temporairement calmé mais des fumerolles s’échappent encore des parcelles calcinées. Pour aider les pompiers, des convois improvisés de tracteurs et de pickups transportent des milliers de litres d’eau jusqu’à la ligne de front.
Sur la départementale déserte entre Audenge et Marcheprime, à une vingtaine de kilomètres de Bordeaux, l’air sent encore le brûlé. Les jeunes pins hauts de trois mètres sont debout, leurs aiguilles jaunes ou vertes à la cime. Mais le feu a traversé cette zone pendant le weekend avant de se calmer sous une fine pluie. Désormais, des fumerolles jaillissent du sol. Pour les noyer, il faut de l’eau, beaucoup d’eau. C’est là qu’interviennent les agriculteurs.
Leurs convois sont impressionnants. Des tracteurs équipés de grilles métalliques à l’avant pour déboiser, des pickups remorquant des citernes en plastique, des camions de chargement de bois. Tous roulent vite pour rejoindre les soldats du feu. Christopher Bonnefond, 25 ans, agriculteur et transporteur de bois, est venu du Lot-et-Garonne avec quatre collègues. Il remplit deux cuves habituellement utilisées pour l’épandage de lisier, ainsi que des citernes. Au total, près de 25 000 litres d’eau sont acheminés par son groupe. Une seule de ses cuves peut contenir trois à quatre fois la capacité d’un camion de pompier. « C’est un gain de temps énorme pour eux », sourit-il en se tenant debout sur l’une d’elles.
Mais cette solidarité n’est pas sans tensions. La préfète de Gironde, Sophie Brocas, a salué dimanche la mobilisation des agriculteurs, tout en rappelant que l’aide « doit être organisée » et ne pas relever d’initiatives individuelles. Théo Hernandez, président des Jeunes Agriculteurs de Gironde, présent depuis vendredi entre le bassin d’Arcachon et Bordeaux, n’est pas du même avis. « Il faut que la préfète sorte un peu des bureaux, dit-il. On voit la fumée, on y va. On a du matériel qui peut transporter 300 mètres cubes, on fait des allers-retours entre le point d’eau et les pompiers. On n’est pas là pour faire le buzz mais pour aider le plus rapidement possible. » Un soldat du feu, interrogé sur place, reconnaît que l’appui des agriculteurs est « vraiment essentiel ».
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