Monde
Le Chili sous l’emprise des flammes, une lutte acharnée se poursuit


Trois jours après le déclenchement de violents feux dans le sud du pays, les secours font face à une situation extrêmement complexe. De nouveaux départs de feu viennent compliquer leurs opérations en pleine saison estivale.
Les pompiers chiliens mènent un combat sans relâche contre des incendies d’une rare intensité. Les régions de Ñuble et du Biobio, situées à environ cinq cents kilomètres au sud de Santiago, sont les plus sévèrement touchées. Les feux, qui ont éclaté samedi dernier, ont été attisés par des vents violents dépassant les soixante-dix kilomètres à l’heure et par des températures estivales élevées.
Le dernier bilan officiel fait état de vingt personnes décédées et d’environ mille cinq cents autres ayant tout perdu. Plus d’un millier d’habitations ont été endommagées ou totalement détruites. La superficie parcourue par les flammes approche les trente-cinq mille hectares, anéantissant des pans entiers de plusieurs localités. Le président Gabriel Boric, présent sur zone, a reconnu que si certains foyers étaient désormais maîtrisés, d’autres demeuraient extrêmement actifs et mobilisaient tous les efforts.
La situation évolue constamment. Les autorités ont signalé l’apparition de nouveaux sinistres dans la région voisine de l’Araucania, nécessitant une redéploiement des moyens. La zone du Biobio reste la plus éprouvée. Des villes côtières comme Lirquén et Penco ont été en grande partie dévastées après une progression foudroyante des flammes dans la nuit de samedi à dimanche. Des témoins décrivent des scènes de panique, avec des routes bloquées par la foule des habitants tentant de fuir, obligés d’abandonner leurs véhicules pour se sauver à pied sous une pluie de braises.
Sur le terrain, le spectacle est celui d’une désolation profonde. Les rues sont encombrées de carcasses de voitures calcinées et de maisons réduites à des amas de gravats. Certains sinistrés, comme cette habitante de Lirquén, ont choisi de monter la garde sur les cendres encore chaudes de leur propriété, par crainte de pillages. D’autres, un retraité de soixante-sept ans par exemple, s’attellent déjà, désemparés, à un nettoyage qui semble insurmontable, constatant avec amertume que leur quartier a irrémédiablement changé.
Face à l’ampleur de la catastrophe, l’état de catastrophe naturelle a été décrété pour les régions de Ñuble et du Biobio, permettant l’engagement des forces armées en soutien des pompiers. Le Chili est régulièrement confronté à de tels épisodes, particulièrement dans sa partie centre-sud. Les experts pointent une conjonction de facteurs, avec une augmentation marquée des températures et une sécheresse persistante depuis plus de dix ans, créant des conditions idéales pour la propagation rapide des incendies. La semaine dernière, la Patagonie argentine voisine a également été frappée par des feux de forêt ayant consumé plus de quinze mille hectares.





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