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La Colombie accueille son nouveau président avec des attaques meurtrières
Un policier tué et plusieurs blessés dès samedi, jour de prise de pouvoir du président Abelardo de la Espriella. Le chef de l’État promet une réponse…


Un policier tué et plusieurs blessés dès samedi, jour de prise de pouvoir du président Abelardo de la Espriella. Le chef de l’État promet une réponse militaire sans pitié.
Samedi, la Colombie a vécu une entrée en matière brutale pour son nouveau chef de l’État. Un policier a trouvé la mort dans une attaque de drones piégés contre un poste de police, dans le département de Cesar, au nord du pays. Plus au sud, non loin de Cali, des explosifs ont détruit un péage en construction sur la route panaméricaine. Plusieurs gardes de sécurité ont été légèrement blessés dans cette opération que l’armée attribue aux dissidents des Farc.
Cette double violence a directement visé le premier jour d’Abelardo de la Espriella. Cet ancien avocat de la droite dure a été investi la veille à Cali. Il hérite d’un pays confronté à la pire vague de violences depuis une décennie. Les groupes armés, notamment des dissidences des Farc qui ont refusé l’accord de paix de 2016, tiennent plusieurs régions. À Santander de Quilichao, la tension est palpable. Roberto Sandoval, pompier et habitant du secteur, décrit une population sous tension, assez tendue et nerveuse.
Le nouveau président n’a pas attendu pour hausser le ton. Dans un message sur X, il affirme que les attaques contre les infrastructures visent le progrès et la tranquillité des Colombiens. Il promet pas de refuge, pas de ménagements, pas d’impunité pour les responsables. Lors de son investiture, il avait déjà annoncé la couleur. Le dialogue avec les principaux groupes armés est, selon lui, complètement épuisé. Il compte bombarder davantage avec l’aide d’Israël et des États-Unis, construire des méga-prisons comme au Salvador et abandonner les discussions de paix engagées par son prédécesseur Gustavo Petro.
Les premières opérations militaires ont suivi le jour même. Dans le département du Meta, l’armée a capturé alias Bonito, présenté comme le deuxième commandant de la dissidence Comandos de la Frontera, active entre la Colombie et l’Équateur. Dans le sud-est du pays, un cadre de la Segunda Marquetalia, connu sous le pseudonyme d’Alexis Perdomo, a été abattu. Le gouvernement a aussi ordonné le transfert de 117 détenus de haut profil vers des prisons de haute sécurité. Ces hommes participaient aux dialogues de paix avec l’ancien président. Ils poursuivaient, selon les autorités, des activités illégales depuis leur prison. En avril, une fête avec musique live dans cet établissement avait provoqué un scandale national. Le président, qui se fait appeler le Tigre, a ajouté que cette époque était désormais révolue.
Sur le plan diplomatique, la Colombie a fait un choix fort dès ce premier jour. Le gouvernement reconnaîtra la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, comme les États-Unis l’avaient fait en 2020. Le ministère des Affaires étrangères explique vouloir revitaliser sa relation avec le Maroc. De quoi confirmer le virage à droite du nouveau pouvoir.
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