Économie
La Chine prépare des représailles contre la loi française anti-fast fashion
Pékin estime que la nouvelle loi française visant l’ultra fast fashion cible injustement ses plateformes Shein et Temu. Le ministère du Commerce menace de…

Pékin estime que la nouvelle loi française visant l’ultra fast fashion cible injustement ses plateformes Shein et Temu. Le ministère du Commerce menace de contre-mesures si les intérêts chinois sont touchés.
Le bras de fer commercial s’intensifie entre la Chine et la France. Depuis l’adoption par le Parlement français d’une loi destinée à freiner l’ultra fast fashion, Pékin hausse le ton. Le ministère chinois du Commerce dénonce des « restrictions discriminatoires » qui viseraient directement ses géants du textile en ligne, Shein et Temu. Selon la Chine, ces mesures créent des barrières déguisées sous couvert d’environnement et violent les règles de l’Organisation mondiale du commerce. « Si les droits légitimes des entreprises chinoises sont menacés, nous prendrons les contre-mesures nécessaires », prévient le ministère.
Concrètement, la loi française veut pénaliser la « mode ultra express ». Elle prévoit d’interdire la publicité pour ces marques et d’imposer un malus écologique d’au moins 10 euros par article en 2030, dans la limite de la moitié du prix hors taxe. Le texte cible surtout les acteurs chinois, tout en épargnant des enseignes françaises bon marché comme Kiabi. Le timing n’est pas anodin : plusieurs marques historiques tricolores sont en grande difficulté. Jennyfer a été placée en liquidation judiciaire fin avril, Naf Naf en redressement judiciaire depuis mai. La concurrence des prix cassés de l’ultra fast fashion est pointée du doigt.
Cette offensive française s’inscrit dans un mouvement plus large. L’Union européenne a déjà imposé début juillet un droit de douane de 3 euros sur tous les colis de faible valeur en provenance de l’étranger, pour freiner l’afflux massif de paquets, notamment chinois. La Chine, elle, promet de surveiller de près l’application de la loi et se dit prête à répliquer. Reste à savoir si ces mesures tiendront le choc face à une procédure devant l’OMC. Pour les consommateurs, l’enjeu est clair : des vêtements à prix cassés, mais à quel coût pour l’environnement et pour l’industrie textile européenne ?
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