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Flavio Bolsonaro se lance dans la course présidentielle, entre héritage lourd et affaires troubles

Le fils aîné de Jair Bolsonaro officialise sa candidature pour octobre, mais il doit composer avec des sondages en baisse, des scandales financiers et une…

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Flavio Bolsonaro se lance dans la course présidentielle, entre héritage lourd et affaires troubles

Le fils aîné de Jair Bolsonaro officialise sa candidature pour octobre, mais il doit composer avec des sondages en baisse, des scandales financiers et une brouille familiale sous les projecteurs.

Samedi, dans la mégapole Sao Paulo, le Parti libéral a intronisé Flavio Bolsonaro comme son champion pour la présidentielle d’octobre. À 45 ans, le sénateur veut incarner la continuité du camp conservateur et de son père, l’ex-président Jair Bolsonaro, actuellement détenu pour tentative de coup d’État. Devant les militants, il promet de « libérer » le Brésil du crime, de l’inflation et du président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, qui à 80 ans brigue un quatrième mandat. « Nous sommes dans un avion sans pilote », a-t-il lancé la semaine dernière. L’invité d’honneur de la convention est le président ultralibéral argentin Javier Milei, figure de la droite régionale.

Mais le vent n’est plus vraiment favorable à Flavio. Après un départ prometteur où il talonnait Lula dans les sondages, il voit son élan fléchir. Une enquête Datafolha publiée vendredi lui donne 43% des intentions de vote contre 48% pour son rival. « C’est un moment de fragilisation, explique Marco Teixeira, politologue à la Fondation Getulio Vargas. Il y a une incertitude sur la viabilité de sa candidature, car le rejet de sa personne a augmenté. » Plusieurs affaires récentes expliquent ce recul. En mai, le site Intercept Brasil a révélé un message audio dans lequel Flavio demandait de l’argent à un banquier, Daniel Vorcaro, arrêté depuis pour fraude financière, afin de financer un film sur son père. La justice a ouvert une enquête. Flavio nie toute malversation et affirme n’avoir aucune « intimité » avec le banquier.

Un autre front s’est ouvert au sein même du clan Bolsonaro. En juin, sa belle-mère Michelle Bolsonaro, ex-première dame, s’est plainte publiquement d’une « humiliation » lors d’une conversation téléphonique. Flavio lui aurait dit qu’elle ne comprenait rien à la politique. Michelle est pourtant une pièce maîtresse pour attirer les électrices et l’électorat évangélique. Après plusieurs excuses, elle lui a accordé son pardon jeudi, dans une mise en scène très calculée. Par ailleurs, Javier Milei n’a pas eu l’autorisation de rendre visite à Jair Bolsonaro, assigné à résidence. Quant à Flavio, il a interdiction de voir son père pendant trois mois, jusqu’au lendemain du premier tour le 4 octobre. Il tente de se montrer plus modéré que son père, mais il a déjà remis en doute la fiabilité du vote électronique, reprenant les arguments qui ont valu à Jair Bolsonaro d’être déclaré inéligible.

La campagne est aussi compliquée par l’allié américain Donald Trump. En se posant en défenseur de la souveraineté brésilienne, Lula accuse Flavio d’être un « traître » qui soutient la guerre commerciale lancée par Washington. Les États-Unis ont imposé deux vagues de droits de douane sur des produits brésiliens, la première en 2025 en représailles au procès de Bolsonaro père. Cette sanction initiale, poussée par le frère de Flavio, Eduardo, avait été partiellement annulée après un rapprochement entre Lula et Trump. Flavio avait récemment demandé à l’administration Trump de renoncer à de nouveaux tarifs pour ne pas offrir une « victoire politique » à Lula. Sans résultat. Pour l’instant, le fils aîné semble naviguer entre les écueils judiciaires, familiaux et diplomatiques, sans la carrure de son père.

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