Monde
Aux États-Unis la rougeole signe son pire bilan depuis 35 ans
En sept mois, plus de 2 300 cas ont été recensés. La maladie qu’on pensait vaincue refait surface, portée par une défiance croissante envers les vaccins.


En sept mois, plus de 2 300 cas ont été recensés. La maladie qu’on pensait vaincue refait surface, portée par une défiance croissante envers les vaccins.
La rougeole n’en finit plus de gagner du terrain aux États-Unis. Selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), 2 318 cas confirmés ont été comptabilisés en seulement sept mois en 2026. C’est déjà plus que l’année précédente, qui avait pourtant atteint un sommet avec 2 289 cas et trois décès, dont deux jeunes enfants. Une situation que l’Académie américaine de pédiatrie qualifie de « crise évitable » qui touche avant tout les plus petits. Le docteur Andrew Racine, président de cette institution, prévient qu’il ne faut pas accepter que cela devienne la nouvelle norme.
Cette maladie très contagieuse provoque fièvre, symptômes respiratoires et éruptions cutanées. Dans certains cas, elle peut entraîner des complications graves comme une pneumonie ou une inflammation du cerveau, parfois mortelles. Pourtant, en 2000, les États-Unis l’avaient déclarée éliminée grâce à la vaccination. Mais depuis plusieurs années, la couverture vaccinale baisse, alimentée par une méfiance grandissante envers les autorités sanitaires. Le ministre de la Santé de Donald Trump, Robert Kennedy Jr, connu pour ses positions antivaccins, est accusé d’avoir attisé ces craintes. Avant l’arrivée du vaccin dans les années 1960, la rougeole tuait chaque année des centaines d’enfants américains et continue de faire des dizaines de milliers de victimes dans le monde.
L’épidémie actuelle, débutée en 2025, n’est toujours pas maîtrisée et les experts redoutent une nouvelle hausse des cas. Melissa Nolan, maître de conférences en épidémiologie en Caroline du Sud, l’État le plus touché, pense même qu’il existe un sous-diagnostic important. Elle explique que les familles qui refusent la vaccination pour leurs enfants sont aussi celles qui se méfient des médecins en général. Aux États-Unis, le vaccin contre la rougeole est obligatoire, mais il est possible d’obtenir des dérogations pour des raisons religieuses ou philosophiques dans de nombreux États. Ces exemptions ont explosé depuis la pandémie de Covid-19 et la désinformation qui l’a accompagnée. En Caroline du Sud, des comptes sur les réseaux sociaux guident même les parents pas à pas pour obtenir ces dispenses. Un sondage de septembre 2025 a montré qu’un parent américain sur six retarde ou évite la vaccination de ses enfants par peur des effets secondaires. Cette tendance, surtout présente dans les milieux blancs conservateurs, alarme les professionnels de santé. Pour Melissa Nolan, ce n’est probablement qu’un début. Elle craint que d’autres maladies évitables comme la coqueluche ne fassent aussi leur retour.
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