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Des boucliers anti-drones changent de camp : MBDA les vend aux civils, Naval Group les pose sur des camions
La menace des drones ne se limite plus aux champs de bataille. Pour protéger aéroports, centrales nucléaires et autres sites sensibles, les industriels de…


La menace des drones ne se limite plus aux champs de bataille. Pour protéger aéroports, centrales nucléaires et autres sites sensibles, les industriels de la défense transforment leurs armes en solutions civiles et terrestres.
Au salon Eurosatory, c’est une certitude qui crève les yeux : les drones sont partout. Dans les airs, sur les stands, dans les démos. Et pour les contrer, les géants de l’armement sortent de leurs zones de confort. MBDA, le champion des missiles, a dévoilé Sky Warden. Son bouclier crée une bulle de protection de sept kilomètres autour d’infrastructures critiques. Aéroports, centrales nucléaires, prisons. Le besoin est devenu urgent : les survols sauvages à Munich, Copenhague ou Oslo ont déjà paralysé le trafic aérien ces dernières années. Sky Warden était déjà vendu à des armées au Moyen-Orient et en Europe. Aujourd’hui, il s’ouvre aux civils. Son secret ? Un centre de commandement qui agrège radars, caméras et détecteurs. Une fois la menace repérée, plusieurs options : des armes laser développées avec la pépite française Cilas et Safran, ou un drone intercepteur capable de foncer à 200 km/h pour détruire l’intrus sans explosif. Le système « complètement ouvert » permet au client de brancher ses propres capteurs et armes. MBDA vise une première capacité opérationnelle fin 2026 et rêve d’une production de mille intercepteurs par mois.
De son côté, Naval Group a pris le chemin inverse. Son système Rampart était né pour la mer, installé sur des navires de combat. Il protégeait les bateaux des missiles, des drones et même des menaces sous-marines. Mais les armées de terre et de l’air ont levé la main. Résultat : à Eurosatory, Rampart trône sur un camion terrestre d’Arquus. Il défend un périmètre d’environ huit kilomètres autour de sites sensibles. Et sa polyvalence frappe. « Sur un bateau, il sert à la défense antiaérienne et anti-drones de surface. S’il est à la lisière d’une forêt, il peut tirer sur une colonne de chars et en même temps protéger une tranchée contre les drones », explique un directeur marketing de Naval Group. Le système embarque quatre modules pour roquettes, missiles, munitions téléopérées, drones ou leurres. L’industrialisation est attendue pour fin 2026 ou début 2027. Ce double mouvement – les civils qui s’arment contre les drones, les systèmes navals qui prennent la route – montre une chose : la menace volante a changé la donne pour tout le monde, pas seulement pour les soldats.
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