Économie
Un nouveau cap pour les trains SNCF
Christophe Fanichet quitte la direction de SNCF Voyageurs. La maison mère veut réorienter la stratégie avant 2027.

Christophe Fanichet quitte la direction de SNCF Voyageurs. La maison mère veut réorienter la stratégie avant 2027.
Le groupe SNCF change de tête pour sa filiale voyageurs. L’actuel PDG de SNCF Voyageurs, Christophe Fanichet, va être remplacé. Il était aux commandes depuis la création de cette filiale en janvier 2020. Son départ n’est pas un licenciement. Le directeur général du groupe, Jean Castex, assure qu’il « garde toute la confiance » de la direction. Fanichet va changer de poste au sein de l’entreprise. À sa place, deux hommes prendront les rênes. Un président du conseil d’administration et un directeur général. Objectif affiché : insuffler « une nouvelle dynamique et de nouvelles orientations stratégiques » après un bilan jugé « très positif ».
SNCF Voyageurs est née de la réforme ferroviaire de 2018. Cette réforme avait préparé l’arrivée de la concurrence en transformant l’ancien EPIC SNCF en holding. La filiale s’occupe de tout : vendre les billets, faire rouler les TGV, gérer les TER, les Intercités et les trains de nuit. Depuis sa création, elle a connu une forte croissance. La fréquentation des TGV a bondi de près de 20 % entre 2019 et 2025. De nouveaux trains ont été commandés pour moderniser la flotte. Pourtant, tout n’est pas rose. Les voyageurs, surtout sur les lignes Intercités, se plaignent régulièrement. Et le personnel a mené une grève très suivie le 10 juin dernier, pour demander l’arrêt de la filialisation du groupe.
Le nouveau duo de dirigeants va devoir trancher sur l’avenir de l’organisation interne. Le projet « Destination 2030 », porté par Fanichet depuis plusieurs mois, est abandonné. Ce plan prévoyait de réorganiser SNCF Voyageurs par marchés, en séparant TGV, trains régionaux et Intercités, pour s’adapter à l’ouverture à la concurrence dans les régions. À la place, une nouvelle feuille de route sera déployée début 2027. Elle repose sur « le principe de décentralisation, de performance et d’unité du groupe ferroviaire ». Les instances compétentes seront consultées avant la mise en place. En clair, le groupe cherche à garder le contrôle tout en laissant plus de flexibilité aux régions. Un équilibre délicat, alors que la concurrence grignote peu à peu les rails français.
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