Économie
Shein dans le rouge vif après la fin de l’exception douanière américaine
Le géant chinois de la fast-fashion a perdu 99 millions de dollars au premier trimestre, un coup dur après des années de bénéfices. En cause : la…

Le géant chinois de la fast-fashion a perdu 99 millions de dollars au premier trimestre, un coup dur après des années de bénéfices. En cause : la suppression décidée par Donald Trump d’une vieille règle qui permettait aux petits colis d’entrer sans taxes aux États-Unis.
Shein vient de révéler ses comptes pour la première fois dans le cadre de son projet d’introduction en Bourse à Hong Kong. Et le tableau est contrasté. Au premier trimestre de l’année, l’entreprise a enregistré une perte nette de 99 millions de dollars, alors qu’elle affichait 395 millions de dollars de bénéfice sur la même période un an plus tôt. Ce retournement spectaculaire s’explique en partie par une décision politique américaine de mai 2025. L’administration Trump a supprimé l’exonération dite « de minimis », qui permettait aux envois de moins de 800 dollars d’entrer aux États-Unis sans droits de douane. Shein précise que cette mesure a eu un « impact négatif » direct sur ses ventes américaines et sur sa croissance globale, tout en faisant grimper ses dépenses.
Concrètement, les produits d’origine chinoise vendus via sa plateforme et expédiés aux États-Unis sont désormais soumis à des droits de douane allant de 10 % à 87,5 %. Un changement brutal pour une entreprise dont le modèle économique reposait sur des envois rapides et peu coûteux. Pourtant, le chiffre d’affaires continue d’augmenter, mais à un rythme bien plus faible : +1,1 %, pour atteindre 9,05 milliards de dollars, contre 8,95 milliards un an plus tôt. Le géant de la mode à bas prix tente de rassurer les investisseurs, mais ces premiers chiffres dévoilés montrent à quel point les pressions s’accumulent.
La perte trimestrielle s’explique aussi par un élément comptable technique : 328 millions de dollars de pertes de « juste valeur » sur des actions privilégiées convertibles et rachetables. Il s’agit de titres réservés aux investisseurs, dont la valeur comptable fluctue avant même l’entrée en Bourse. Shein n’a pas encore communiqué le volume d’actions proposées, le prix de l’offre, ni la date de cotation à Hong Kong. L’entreprise, fondée en Chine mais basée à Singapour, a obtenu le feu vert des autorités chinoises pour cette introduction, après avoir échoué à New York et à Londres. Goldman Sachs, Morgan Stanley et JPMorgan pilotent l’opération. Les investisseurs regardent désormais de près ces comptes inédits, qui en disent long sur les défis d’un empire bâti sur des exceptions douanières.
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