Économie
Gibert mise sur l’occasion pour sauver ses librairies
Le célèbre libraire parisien veut supprimer 84 postes et fermer plusieurs magasins. Son plan de transformation prévoit de doubler les ventes de livres…

Le célèbre libraire parisien veut supprimer 84 postes et fermer plusieurs magasins. Son plan de transformation prévoit de doubler les ventes de livres d’occasion d’ici 2029.
C’est un coup dur pour le paysage culturel français. Le groupe Gibert, premier acteur indépendant du livre dans l’Hexagone, a dévoilé un plan de restructuration qui prévoit la suppression de 84 emplois sur les 500 que compte son réseau. Ces coupes interviendront au second semestre 2026. La direction assure qu’elle cherchera des reclassements en interne et en externe. Mais ce n’est pas tout. Plusieurs boutiques vont fermer, notamment dans le quartier de Barbès à Paris. D’autres, comme la librairie de la place quai Saint-Michel, sont mises en vente. Des magasins à Poitiers et Évreux cherchent aussi un repreneur. L’objectif annoncé est de renouer avec la rentabilité d’ici 2028.
Cette cure d’austérité n’est pas un hasard. Les librairies souffrent d’une baisse générale de la lecture et d’une concurrence féroce des sites de vente en ligne. Les ventes de livres neufs ont chuté d’environ 5 % au premier trimestre, selon les professionnels du secteur. Gibert, placé en redressement judiciaire en avril, expliquait alors que son modèle était pris entre des coûts fixes qui explosent (loyers, énergie) et un marché du neuf qui s’effondre, avec des marges de plus en plus compressées. D’autres grandes enseignes sont dans la même tourmente. La librairie Sauramps à Montpellier, une institution vieille de 80 ans, va être liquidée. Le groupe Nosoli, qui possède Le Furet du Nord et Decitre, a annoncé la fermeture de 11 magasins sur 27 et la suppression de 163 postes.
Pour Gibert, la solution passe par un retour aux sources. Le groupe veut faire du livre d’occasion le cœur de son modèle, une expertise qu’il cultive depuis 1886. Ce marché progresse d’environ 10 % chaque année et offre des marges bien supérieures à celles du neuf. L’objectif est ambitieux. Passer de 30 millions d’euros de ventes d’occasion cette année à 60 millions en 2029. Cette activité représente déjà 35 % du chiffre d’affaires annuel du groupe, qui s’élève à 86 millions d’euros. Pour y parvenir, Gibert compte aussi développer un service d’occasion pour d’autres librairies indépendantes, relancer son e-commerce à l’international, et renforcer sa présence territoriale via un système d’affiliation. L’idée est de permettre à des libraires de bénéficier de la notoriété de la marque et de son vaste catalogue, neuf et occasion. La direction assume la douleur des décisions, mais les juge indispensables pour rebondir. Reste à savoir si ce virage suffira à sauver le mythique libraire parisien.
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